COVID-19 : respecter la « médicalisation » de la vaccination, malgré tout


  • Serge Cannasse
  • Actualités socio-professionnelles
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Le 30 décembre 2020, soit trois jours après le lancement européen de la campagne de vaccination contre le SARS-CoV-2, l’Académie de médecine s’inquiétait du retard pris par la France (« moins de 100 personnes vaccinées en trois jours »). Selon elle, était en cause « des précautions excessives adoptées pour rassurer une opinion publique gagnée par l’hésitation » : temps nécessaire pour recueillir le consentement des personnes, recherche des contre-indications éventuelles, observation de 15 minutes du patient après le geste vaccinal. Sans remettre en cause l’utilité de ces mesures, l’Académie formule quelques recommandations pour accélérer les choses :

  • Faire totalement confiance à l’expertise de l’Agence européenne pour la validation des vaccins mis sur le marché.

  • Simplifier et raccourcir autant que possible les procédures dans les EHPAD et établissements assimilés.

  • Prioriser les départements ayant les taux d’incidence de COVID-19 les plus élevés.

  • Assurer une pleine transparence sur l’état des stocks de vaccins disponibles afin que la mise en œuvre de la stratégie vaccinale n’apparaisse pas dictée par des aléas de livraison.

  • Restaurer la confiance par la qualité de l’information et la valeur de l’exemple.

Le 4 janvier 2021, le Collège de Médecine Générale refusait lui aussi d’incriminer la « médicalisation » de la vaccination, qui est légitime à ses yeux. Dans son avis, Il rappelle que le geste vaccinal peut être réalisé pendant la consultation pré-vaccinale. Pour répondre aux pseudo-informations sur un délai de 5 jours entre les deux, il précise que ce délai est logistique et non pas réglementaire. Il s’alarme de l’éventuelle ouverture de la vaccination à toute la population, parce qu’elle comporterait un risque de « ruée sur les stocks qui priverait de vaccin ceux qui en ont le plus besoin. » Il rappelle la nécessité d’associer « pleinement » les médecins généralistes à la campagne et recommandeau gouvernement de ne pas prendre des « décisions fluctuant au gré des pressions médiatiques. » Enfin, il invite les médecins à « se rapprocher des professionnels de santé de leur territoire pour évaluer leur capacité logistique à mettre en place une vaccination de proximité en ville lors de la phase 2, et d’en informer leur ARS. »

Reste « le défi logistique » d’acheminer le vaccin jusqu’aux EHPAD. Depuis quelques jours, beaucoup le jugent mal évalué.