COVID-19 : quand l’adversité devient un moteur d’innovation


  • Pavankumar Kamat
  • Actualités Médicales
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La pandémie de COVID-19 a mis le monde à genoux. L’ensemble du corps médical lutte pour aider les patients, toujours plus nombreux à se présenter aux urgences.

Face à la menace grandissante qui pèse sur les établissements de santé, les médecins, le SAMU, les scientifiques, les ingénieurs, les designers et les philanthropes du monde entier misent désormais sur l’innovation.

Et bien que certaines de ces innovations fassent fi des règles dictées par les protocoles, les recommandations ou encore le droit des brevets, elles pourraient contribuer de manière notable à la protection de la vie des patients et du personnel en première ligne.

Voici quelques exemples illustrant les efforts des innovateurs :

  • Isinnova a décidé de pallier la terrible pénurie qui touche les hôpitaux en imprimant, en trois dimensions (3D), une centaine de valves Venturi destinées à être connectées à des respirateurs, ce qui a valu à cette start-up d’ingénierie italienne de faire récemment la une de l’actualité. Depuis, l’entreprise a développé, toujours grâce à l’impression 3D, un adaptateur et transforme ainsi des masques de plongée en respirateur non invasif.
  • Dans le même esprit, Prusa Research a imprimé en 3D et offert plus de 12 000 visières de protection aux professionnels en première ligne en République tchèque. L’entreprise a également choisi de mettre à disposition les plans open source de ses visières.
  • Au Soudan, des internes en médecine d’urgence ont mis au point une solution innovante pour suppléer le manque de sorties d’oxygène à l’aide de tubulures de stéthoscopes.
  • Des chercheurs de l’université de Floride ont, quant à eux, conçu un prototype de respirateur open source économique puisque son coût de fabrication est estimé entre 125 USD et 250 USD seulement. La machine subira bientôt des tests de sécurité, de précision et de résistance.
  • Un groupe d’ingénieurs et de designers de la société polonaise Urbicum a développé un respirateur imprimé en 3D dont la fabrication reviendrait à 44 EUR environ. L’équipe a d’ailleurs décidé de partager gratuitement les plans de son projet.
  • John Strupat est un inhalothérapeute retraité de London, en Ontario, au Canada. Il a conçu un prototype de ce qu’il appelle un « respirateur de pandémie ». Selon lui, sa machine pourrait être utilisée dans les « pires scénarios » pour sauver d’innombrables vies.
  • Le Dr Joshua D Farkas, pneumologue originaire de Burlington, dans le Vermont, a lancé l’idée d’un possible jumelage entre les appareils BiPAP ambulatoires et des tubes trachéaux. Il explique : « Cela pourrait apporter une aide suffisante à de nombreux patients, en dehors des cas les plus graves (et libérerait ainsi des respirateurs parfaitement équipés pour les patients plus malades). »
  • Le conglomérat indien Mahindra a annoncé qu’il espérait présenter bientôt un prototype d’une version automatisée du ballon d'hyper-insufflation manuelle, également appelé masque Ambu. Le dispositif pourrait être fabriqué en série pour environ 100 USD.
  • Dans le même temps, plusieurs hôpitaux ont commencé à utiliser les respirateurs pour gérer plusieurs patients simultanément. Dans une vidéo Youtube, vue plus de 900 000 fois, la Dre Charlene Babcock, médecin urgentiste de Détroit, dans le Michigan, montre comment modifier un respirateur pour prendre en charge jusqu’à quatre patients.
  • Prisma Health, une organisation à but non lucratif installée en Caroline du Sud, a développé un détendeur de respirateur exclusif appelé VESper. Celui-ci permet de prendre en charge jusqu’à quatre patients simultanément avec un seul respirateur. Le dispositif bénéficie d’une autorisation d’utilisation en urgence de l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (Food and Drug Administration, FDA).
  • Le Dr Marco Garrone, médecin urgentiste italien, explique dans un tweet comment il a réussi à créer un diviseur de respirateur à partir de pièces détachées faciles à se procurer.
  • Le Dr Gary Ansel, cardiologue interventionnel de Columbus, dans l’Ohio, a réfléchi à la manière de reconvertir un masque facial intégral de plongée en équipement de protection individuelle. Il pourrait suffire, pour cela, de le tremper dans un seau de désinfectant. L’idée du Dr Ansel a été retweetée par un autre médecin, le Dr Raghu Kolluri, pour diffuser l’information.
  • L’université Duke suggère de pulvériser du peroxyde d’hydrogène pour décontaminer des masques de protection N95 et ainsi pouvoir les réutiliser. Ce processus nécessite d’utiliser du matériel spécialisé pour pulvériser le peroxyde d’hydrogène afin de désinfecter les masques sans compromettre l’intégrité du matériau.

Avis de non-responsabilité : Univadis ne soutient aucune de ces innovations en particulier. Elles ne doivent pas être considérées comme des substituts aux bonnes pratiques cliniques actuelles. L’objectif de cet article est de présenter les efforts d’innovateurs.