COVID-19 : premières données positives de phase 2 pour les anticorps monoclonaux anti-protéine S

  • Chen P & al.
  • N Engl J Med
  • 28 oct. 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • LY-CoV555 est un anticorps monoclonal expérimental ciblant le domaine de liaison de la protéine virale S du SARS-CoV-2. Selon des données de phase 2 intermédiaires, menées dans des formes légères à modérées de COVID-19, la charge virale mesurée au niveau nasopharyngé semble inférieure à J11 chez les patients traités par LY-CoV555 que chez ceux traités par placebo. La fréquence de l’admission hospitalière pour aggravation apparaît également plus faible à J7 sous traitement que sous placebo. La tolérance semble satisfaisante. L’évaluation du candidat médicament se poursuit.

L’immunothérapie est l’une des approches développée dans la lutte contre le SARS-CoV-2. Plusieurs laboratoires ont développé des anticorps monoclonaux spécifiques du virus. LY-CoV555 (anciennement LY3819253) est l’un d’entre eux : il cible la protéine virale de surface Spike (S) qui joue un rôle clé dans l’infection des cellules par le virus.

Le New England Journal of Medicine publie les données intermédiaires de l’étude de phase 2 BLAZE-1 conduite aux Etats-Unis. Elle vise à évaluer l'efficacité et la sécurité du LY-CoV555 dans les formes légères à modérées de COVID-19.

Principaux résultats

Cette étude a inclus 467 patients ayant présenté un diagnostic positif de COVID-19 et des symptômes légers à modérés. Ils ont été randomisés entre 4 groupes : administration de LY-CoV555 700 mg, 2.800 mg, 7.000 mg ou un placebo. Parmi eux, 70% avaient au moins un facteur de risque d’aggravation : un âge de 65 ans ou plus, un IMC de 35 kg/m² ou une comorbidité.

À J11, la charge virale mesurée au niveau nasopharyngé par RT-PCR (critère principal d’évaluation) était inférieure à celle mesurée à l’inclusion dans les 4 groupes de traitements. La diminution observée était statistiquement supérieure chez les patients des groupes poolés LY-CoV555 par rapport au placebo, le groupe 2.800 mg étant celui bénéficiant de la plus forte baisse. La même observation était posée à J3, avec une différence plus importante entre le groupe traité (notamment 2.800 mg) et le groupe placebo.

S’il n’est pas démontré que la charge virale au niveau nasopharyngé soit un reflet fidèle de la neutralisation du virus, les auteurs rapportent cependant que l’ampleur de la charge virale à J11 est associée au risque d’hospitalisation.

À J29, 1,6% des patients sous traitement actif (1%, 1,9% et 2% dans les groupes 700, 2.800 et 7.000 mg) ont été hospitalisés pour aggravation, contre 6,3% dans le groupe placebo. Seul 1 patient (groupe placebo) a été admis en réanimation durant l’étude.

Enfin, le score de symptômes (coté de 0 à 24, à partir de 8 paramètres cliniques notés entre 0 – pas de symptôme- et 3 – symptôme sévère) était amélioré de façon plus significative entre J2 et J6 sous traitement que sous placebo.

La tolérance était comparable entre les deux groupes : le taux de patients présentant un événement indésirable pendant le traitement était de 22,3% et 24,5% dans les groupes LY-CoV555 poolés et placebo respectivement, sans différence en termes de sévérité ou de nature des manifestations. Par ailleurs, un patient parmi les 143 du groupe placebo a présenté un effet indésirable grave (aucun dans le groupe LY-CoV555).

Financement

L’étude a été sponsorisée par Eli Lilly.