COVID-19 : pourquoi une sérologie pré ou post-vaccination n’est pas recommandée ?

  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir :

  • La recherche d’anticorps anti-SARS-CoV-2 avant ou après vaccination n’est pas considérée comme pertinente
  • Plus de 95% des réponses vaccinales sont positives et certains tests ne détectent pas les anticorps anti-Spike qui sont les seuls induits par la vaccination
  • Il n’existe pas de risque à vacciner une personne déjà immunisée, donc une sérologie pré-vaccinale n’est pas nécessaire
  • En cas d’infection connue par le SARS-CoV-2, il est recommandé d’attendre au moins 3 mois, et de préférence 6 mois, avant vaccination

 

La recherche d’anticorps anti-SARS-CoV-2 n’est actuellement indiquée que dans deux situations :

  • Dans le cadre d’une surveillance épidémiologique,
  • Dans un but diagnostique chez les patients avec un tableau clinique évocateur de COVID-19 lorsque la PCR n’a pu être réalisée ou lorsqu’elle s’est révélée négative.

La recherche d’anticorps avant ou après vaccination n’est pas prise en charge par l’Assurance maladie car elle n’est pas considérée comme pertinente. L’Académie nationale de Pharmacie souhaite même alerter sur le « risque lié à un mauvais usage et à une interprétation erronée des examens sérologiques lorsqu’ils sont effectués dans le but d’évaluer la réponse immunitaire après vaccination ».

En effet, il est important de signaler que parmi les 122 tests ayant obtenu le marquage CE, certains ne mettent en évidence que les anticorps anti-nucléocapside alors que les vaccins à ARNm et à vecteur viral actuellement disponibles n’immunisent que contre la protéine Spike. Les anticorps anti-nucléocapside ne sont produits qu’après une infection par le SARS-CoV-2 ou après vaccination avec des vaccins à base de virus entiers, non disponibles dans notre pays. Certains examens sérologiques ne sont donc pas en mesure de détecter les anticorps anti-Spike produits par les vaccins actuellement disponibles en France.

L’Académie nationale de Pharmacie souhaite également préciser que l’utilisation du terme « anticorps totaux » indique que l’examen sérologique dépiste à la fois les immunoglobulines G et M anti-SARS-CoV-2, et ne signifie pas que le test permet la détection des anticorps contre l’ensemble des protéines virales.

Par ailleurs, sachant que plus de 95% des réponses vaccinales sont positives, l’Académie considère que la recherche d’anticorps à titre personnel après vaccination n’est pas nécessaire.

Concernant la recherche d’anticorps avant vaccination, la Haute autorité de santé (HAS) ne la recommande pas, même pour les personnes antérieurement infectées par le SARS-CoV-2, car il n’a pas été établi, pour le moment, de corrélation entre le taux d’anticorps et la protection contre une ré-infection. En effet, la sérologie réalisée en routine ne permet pas de distinguer les anticorps neutralisants ou non. On considère actuellement, avec le recul que l’on a sur cette pandémie, que les patients infectés sont protégés pendant au moins 6 mois. Il est donc recommandé d’attendre au moins 3 mois, et de préférence 6 mois, avant de vacciner une personne immunocompétente ayant déjà été infectée par le SARS-CoV-2. En cas de doute, étant donné qu’il n’existe pas de risque à vacciner une personne déjà immunisée, une sérologie pré-vaccination n’est ni nécessaire, ni pertinente.