COVID-19 : pourquoi l’Académie de médecine recommande de vacciner les nourrissons contre le rotavirus ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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À retenir :

  • En France, le rotavirus est responsable chaque année chez les nourrissons de 31.000 passages aux urgences, 14.000 hospitalisations et une dizaine de décès
  • En prévision d’une circulation active du SARS-CoV-2 cet hiver, l’Académie nationale de médecine recommande la vaccination contre le rotavirus afin de limiter les hospitalisations des nourrissons pour gastroentérite et ainsi désengorger les hôpitaux
  • Par ailleurs, limiter l’incidence des diarrhées chez l’enfant est intéressant car c’est un symptôme qui peut faire suspecter un COVID-19 et ainsi entraîner la réalisation de RT-PCR inutiles

En prévision d’une circulation active du SARS-CoV-2 cet hiver, l’Académie nationale de médecine a déjà recommandé en mai dernier d’élargir la couverture vaccinale anti-grippale afin de limiter le risque de co-épidémie « grippe et COVID-19 ». Elle s’est également prononcée en faveur de la vaccination des nourrissons contre le rotavirus : pourquoi ?

Désengorger les hôpitaux

En France, le rotavirus est responsable chaque année chez les nourrissons de 430.000 épisodes de gastroentérite aiguë, 181.000 consultations, 31.000 passages aux urgences, 14.000 hospitalisations et une dizaine de décès. Contrairement au COVID-19, il existe un vaccin contre le rotavirus : l’augmentation de son utilisation pourrait permettre de limiter les hospitalisations des nourrissons pour gastroentérite et ainsi éviter l’engorgement du système de santé déjà bien occupé par le SARS-CoV-2.

Éviter des RT-PCR inutiles

Chez les nourrissons, le diagnostic de COVID-19 peut être évoqué devant une diarrhée, présente chez 15 à 20% des enfants. Cela rend difficile le diagnostic différentiel avec les gastroentérites à rotavirus. La persistance d’une circulation du SARS-CoV-2 pendant l’épidémie à rotavirus va donc nécessiter la réalisation de tests RT-PCR pour le dépistage de ce coronavirus chez les nourrissons atteints de diarrhée en collectivité. À cela s’ajoutent les mesures d’éviction qui doivent être appliquées dans les collectivités de nourrissons, notamment dans les crèches, et qui vont compliquer l’organisation des parents et des structures.

C’est pourquoi, l’Académie nationale de médecine recommande d’envisager dès maintenant la vaccination des nourrissons dans la stratégie de lutte contre les infections à rotavirus « afin de prévenir les effets délétères d’une épidémie concomitante avec la survenue de flambées de COVID-19 durant la saison hivernale ». Elle souligne que « cette vaccination, indiquée entre 2 et 6 mois, a fait la preuve de son efficacité et qu’elle permettrait d’alléger le fardeau pédiatrique des infections à rotavirus ». Elle déplore que son accès soit « très inégalitaire » du fait que les vaccins disponibles ne soient pas remboursés, cette vaccination ne faisant pas partie des recommandations vaccinales.

Pour rappel, deux vaccins contre le rotavirus bénéficient d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) et sont actuellement disponibles. Leur efficacité est estimée à 76% pour les gastro-entérites aiguës et se situe entre 85 et 95% pour les formes graves des enfants hospitalisés. Leur principal effet indésirable est un risque d’invagination intestinale aiguë qui est rare (