COVID-19 : plasma de patients convalescents, quels bénéfices peut-on en attendre ?

  • Liu STH & al.
  • Nat Med
  • 15 sept. 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

À New-York, des patients hospitalisés pour cause d’infection sévère au SARS-CoV-2 et sous oxygénothérapie ont reçu dans le cadre d’une étude clinique du plasma de patients convalescents ayant été infectés par le virus. Les analyses ont montré que deux semaines après la transfusion, les patients qui avaient reçu ce plasma avaient moins de besoins en oxygène et une meilleure espérance de vie que ceux n’en ayant pas bénéficié. Bien que très encourageantes, ces données nécessitent d’être confirmées par des essais robustes, randomisés et contrôlés.

Quel est l’intérêt du plasma de patient convalescent ?

Le plasma de patients guéris du COVID-19 contient des anticorps qui ciblent le SARS-CoV-2. Transfusé à un patient infecté par ce même virus, il exerce un rôle antiviral en supprimant la réplication virale avant même que le patient ne développe sa propre immunité humorale. Ce procédé est d’ailleurs souvent le premier traitement mis en place dans un contexte de maladie infectieuse émergente en attendant le développement d’un antiviral ou d’un vaccin. 

Méthodologie

Cette étude rétrospective cas-contrôles de patients appariés par score de propension a évalué l’efficacité de l’utilisation du plasma de patients convalescents suite à une infection par SARS-CoV-2 chez 39 patients souffrant d’une forme sévère de COVID-19 et hospitalisés à New-York entre le 24 mars et le 8 avril 2020. Ces patients ont été appariés avec des patients admis pour les mêmes raisons et durant la même période.

Principaux résultats

Deux tiers des sujets inclus étaient des hommes, l’âge moyen de la population était de 55 ans, l’IMC moyen était 31,7 kg/m2 et peu avaient des comorbidités associées à l’inclusion.

Le délai médian entre l’apparition des premiers symptômes et l’hospitalisation était de 7 jours, et le délai médian entre l’hospitalisation et la transfusion de 4 jours. Le jour de la transfusion, 87% des patients avaient besoin d’une supplémentation en oxygène. 

Quatorze jours après la transfusion, les besoins en oxygène étaient accrus chez 17,9% des patients ayant reçu une transfusion de plasma de patients convalescents, contre 28,2% des sujets contrôles appariés (odds ratio 0,86 [0,75-0,98], p=0,025).

À la fin de l’étude (1er mai 2020, délai médian de suivi 11 jours pour les patients sous plasma vs 9 jours pour les autres), 12,8% des sujets traités et 24,4% des sujets contrôles étaient décédés. Par rapport au sujets contrôles, la survie était améliorée chez 66% des sujets qui avaient reçu du plasma (hasard ratio 0,34 [0,13-0,89], p=0,027). Le bénéfice du plasma était d’autant plus perceptible chez les patients qui n’avaient pas été intubés, qui avaient eu une plus courte durée de symptômes ou qui avaient reçu un traitement anticoagulant.

Aucun des patients inclus n’a eu d’événement indésirable grave lié à la transfusion. Cependant, il est a noté que des effets délétères y sont associés. Des réactions allergiques peuvent notamment survenir. Par ailleurs, le plasma contient des procoagulants dont l’effet chez les sujets atteints du SARS-CoV-2 ne sont pas totalement identifiés. Ces événements seront à surveiller de près si des essais prospectifs de plus grande envergure étaient réalisés, d’autant plus qu’il existe déjà un risque d’hypercoagulabilité indépendant associé à l’infection par SARS-CoV-2. 

Principale limitation

Étude rétrospective avec peu de patients.