COVID-19 - Les organisations médicales contre les TRODs par les pharmaciens d’officine


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Le Journal Officiel du 11 juillet 2020 a publié un arrêté autorisant les pharmaciens d’officine à « réaliser les tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) sur sang capillaire de détection des anticorps dirigés contre le SARS-CoV-2 selon les recommandations de la Haute Autorité de santé. » Dans un communiqué publié deux jours plus tard, le CNOM (Conseil national de l’Ordre des médecins) rappelle qu’il avait contacté plusieurs organisations médicales à propos de cet arrêté quand il était encore en projet : Collège de la médecine générale, syndicats représentatifs de médecins (CSMF, MG France, FMF, SML), CNP (Conseil national professionnel) d’infectiologie, Société de pathologie infectieuse de langue française, CNP de biologie médicale et syndicats représentatifs des biologistes médicaux (SJBM, SNBM, FNSIPBM, SLBC, SNMBCHU, SDB, FNSPBHU, SNBH). Tous en faisaient la même analyse.

Leurs arguments contre cet arrêté sont les suivants.

  1. Le résultat d’un TROD ne dispense pas d’un test « conventionnel » de confirmation. Aussi l’information qui doit accompagner sa délivrance au patient est délicate. Il faut en effet éviter de créer un sentiment de protection en cas de positivité ou une baisse des mesures de protection à l’égard de l’entourage en cas de négativité, faisant croire à une absence du virus donc à une non contagiosité de la personne. En somme, les TRODs réalisés en pharmacie « ne s’inscrivent pas dans le parcours individuel de prise en charge des patients par les médecins. »

  2. Les résultats des TRODs réalisés par les médecins en ambulatoire ou par les pharmaciens d’officine ne sont pas colligés ni exploités sur le plan épidémiologique. Leur réalisation ne permet donc pas d’améliorer la connaissance épidémiologique du COVID-19.

  3. Actuellement, la plupart des patients n’ont aucune difficulté à se faire réaliser des tests diagnostiques biologiques de COVID-19. Les TRODs n’ont donc pas vocation à les remplacer.

Le CNOM avait transmis un avis négatif au ministre chargé de la santé le 10 juillet 2020. Il signale cependant que sa « position pourrait évolue r » si « la signification clinique des résultats des TRODs Covid-19 était mieux connue, si leur déploiement pouvait s’intégrer dans le parcours individuel de prise en charge des patients par les médecins et s’ils pouvaient contribuer à la connaissance épidémiologique de la Covid-19. »