COVID-19 : les généralistes se sont adaptés au confinement


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Ce sont deux enquêtes très riches que des chercheurs de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) viennent de publier sur la perception des risques et l’activité des médecins généralistes pendant le confinement lié au COVID-19. Réalisées auprès des praticiens du quatrième Panel d’observation des pratiques et des conditions d’exercice en médecine générale, elles ont porté sur près de 1.200 médecins interrogés par internet entre le 9 et le 21 avril 2020 sur la semaine précédant le jour de leurs réponses. En voici les principaux résultats.

COVID-19 : pas le principal motif de consultation

La moitié des généralistes ont réduit au moins d’une dizaine d’heures leur temps de travail hebdomadaire (habituellement de 54 heures en moyenne).

Huit sur dix se sont organisés pour pouvoir réaliser des consultations de diagnostic du COVID-19 par téléphone, 7 sur 10 en téléconsultation et 8 sur 10 en cabinet. Quatre sur dix ont déclaré participer à une organisation territoriale ou un centre dédié au COVID-19 et un sur quatre orienter ses patients vers une de ces organisations spécifiques.

Pour le suivi de ces patients, 90% l’ont assuré par téléphone et 70% par téléconsultation. Cependant, plus de la moitié l’ont également réalisé lors de consultations en cabinet et près de 4 sur 10 pendant des consultations à domicile. Aucun lien n’a été relevé entre le fait d’assurer des visites à domicile et le risque perçu par les médecins d’être eux-mêmes contaminés. La téléconsultation pour le diagnostic et/ou le suivi des patients COVID-19 a été utilisée par 75% des médecins (90% des moins de 50 ans).

Seul un généraliste sur dix a déclaré que le COVID-19 a été le motif principal de plus de la moitié de ses consultations. Cette proportion varie selon l’intensité de l’épidémie dans leur zone d’exercice. Pour 63% d’entre eux, le COVID-19 a représenté moins d’un quart de leurs consultations.

Patients les plus à risque : un suivi maintenu

La plupart des consultations pour d’autres motifs ont fortement diminué par rapport à l’activité habituelle, sauf celles pour stress, troubles anxieux ou dépressifs, qui ont même augmenté pour la moitié des généralistes. Les consultations pour suivi ou renouvellement d’ordonnance de patients atteints de maladie chronique sont celles qui ont le plus diminué (de 50% au moins pour 6 médecins sur 10), ainsi que celles pour suivi pédiatrique (pour la quasi totalité des médecins). Au total, 65% des généralistes ont eu une « démarche active » de contact auprès de leurs patients atteints de maladie chronique ou ont été en mesure de les rencontrer et 90% ont déclaré être restés en contact avec eux.

COVID-19 : perçu comme moins grave par les généralistes que par la population générale

Seuls 4 généralistes sur 10 pensent que le COVID-19 est une maladie « particulièrement grave », contre 7 personnes sur 10 dans la population générale. Sur une échelle allant de 0 (pas grave du tout) à 10 (très grave), ils l’évaluent en moyenne à 6,8, contre 8,1 dans la population générale (fin mars).

Près d’un généraliste sur quatre jugeait élevée la probabilité d’être contaminé pendant les consultations. Un peu plus de deux sur dix estimaient ne pas avoir les moyens suffisants pour se protéger efficacement contre le coronavirus, mais 4 sur 10 affirmaient au contraire disposer de tout le nécessaire pour ce faire. Cela étant, 1 sur 3 craignait de contaminer ses patients.

Au 21 avril 2020, seul 1 généraliste sur 6 avait fait le test de dépistage du coronavirus, 17% déclarant ne pas avoir pu le faire faute de tests.

Près de 6 généralistes sur 10 faisaient confiance au Ministère de la santé pour gérer l’épidémie, près de 7 sur 10 pour informer la population et un peu plus d’1 sur 2 pour informer les professionnels de santé. Deux sur trois estiment que les recommandations officielles diffusées par le ministère sont claires, mais presque deux sur trois les trouvent trop changeantes. Enfin, plus d’1 médecin sur 4 a déclaré avoir été mis en difficulté face à ses patients du fait de la controverse sur l’hydroxychloroquine.