COVID-19 : les enfants sont-ils vecteurs ?


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Étant donné que les enfants sont rarement symptomatiques et qu’ils sont moins nombreux dans les études actuellement menées, il est difficile de savoir quelle est leur contribution dans la transmission du SARS-CoV-2. Une étude allemande parue sur MedRxiv, et qui demande à être validée par les pairs, suggère qu’il n’y aurait pas de différence en termes de charge virale selon l’âge de la personne infectée. Sachant qu’il est probable que l’infectiosité dépende de la charge virale, ces données invitent à la prudence et à la surveillance étroite de l’évolution épidémique du fait de la levée progressive des mesures mises en place pour juguler l’épidémie.

L’article émane d’un grand laboratoire allemand qui a réalisé près de 78.000 tests RT-PCR durant la période épidémique (entre janvier et fin avril 2020), parmi lesquels 6,2% ont été positifs (n=3.712). Les auteurs ont conduit une analyse des taux de positivité et des charges virales selon l’âge des sujets infectés avec deux méthodes d’analyse : par décennie d’âge (1-10 ans, 11-20 ans…) et par classes d’âge spécifiques (moins de 6 ans, 6-11 ans, 12-19 ans, 20-25 ans, 36-45 ans et plus de 45 ans). Étant donné le faible nombre de patients de moins de 6 ans qui ont été testés positifs dans le centre, les valeurs de charge virale moyenne sont issues d’une cohorte d’enfants de cette classe d’âge qui avaient été hospitalisés et qui ont bénéficié d’évaluations comparables de la charge virale.

Le premier constat repose sur le fait que les sujets les plus jeunes avaient moins souvent un test positif. Ce résultat doit être mis en regard avec le fait que la grande majorité des tests avaient été réalisés en cas de symptômes. Or, le SARS-CoV-2 est le plus souvent asymptomatique chez les enfants, tandis que d’autres agents infectieux peuvent être responsables de symptômes semblables.

Concernant la charge virale, deux techniques de PCR ont été utilisées sur deux périodes différentes de l’épidémie. La valeur moyenne de la charge virale a été calculée pour chacune des classes d’âge des deux classifications et ont été statistiquement comparées deux à deux. Ainsi, aucune différence significative n’a été observée concernant la première méthode PCR tandis que, pour la seconde, une différence faible et associée à un p à la limite de la significativité (p=0,045) a été observée entre les moins de 6 ans et les plus de 45 ans. Une fois poolée, l’ensemble des données ne permet pas de confirmer une réelle différence de valeur de charge virale selon l’âge des personnes infectées.

Une étude chinoise récente, parue dans Science , suggère également que les enfants pourraient constituer un vecteur de transmission.  A minima, ces études invitent à la prudence dans les prochaines semaines, notamment avec la réouverture des établissements scolaires, les arguments n’étant pour l’heure pas suffisants pour assurer que les enfants ne sont pas vecteurs de la maladie.

 

Exceptionnellement durant cette période de crise sanitaire, la publication mentionnée est au moment de la rédaction de cet article encore en prépublication, en cours de relecture par les pairs et susceptibles d'être modifiées. Nous attirons votre attention pour apporter la plus grande prudence quant aux résultats apportés.