COVID-19 : le HCSP réactualise son avis relatif aux recommandations thérapeutiques


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Depuis la fin juillet, de nombreuses publications ont été rendues disponibles concernant le traitement de la maladie COVID-19. Le HCSP propose une actualisation de son avis sur la base des données parues entre cette date et la mi-novembre.

Ainsi, les experts du Conseil préconisent de mettre systématiquement en place un « traitement de support dit Standard of Care (SOC) adapté à l’état du patient ». 

Le HCSP reste en revanche défavorable à la prescription «  en ambulatoire comme en hospitalisation » de la chloroquine et l’hydroxychloroquine, seule ou en association à l’azithromycine, en pré-exposition ou en post exposition. En effet, depuis la fin juillet, plusieurs études méthodologiquement robustes ont été publiées sans qu’aucune n'ait apporté d'arguments en faveur de leur utilisation. 

De même, le HCSP préconise de ne pas prescrire le remdésivir, « quelles que soient la situation clinique et les modalités de prise en charge des patients, en dehors des essais cliniques randomisés. » Le niveau de preuve disponible concernant son efficacité est jugée faible, limité à une amélioration clinique, sans effet sur la mortalité, et sans donnée virologique rendue disponible à ce jour. « Le stade clinique auquel ce traitement pourrait apporter un bénéfice est limité : patients hospitalisés avec Covid-19 de gravité modérée, avec oxygéno-requérance équilibrée par une oxygénothérapie conventionnelle même à des débits élevés pour une durée de 5 jours. » 

Enfin, le tocilizumab n’a pas d’indication en dehors du cadre d’un essai clinique. Cependant, le Haut Conseil publie un avis d’expert suggérant qu’il puisse être envisagé sous la responsabilité du prescripteur, après discussion collégiale du rapport bénéfice/risque avec une équipe extérieure experte dans certaines situations cliniques (aggravation incontrôlée sous SOC incluant la dexaméthasone, en situation de sauvetage dans les états hyper-inflammatoires persistants sans surinfection bactérienne ou fongique).

Un effort de pédagogie

Le HCSP profite de cette réactualisation pour faire le point sur les mutations génomiques du virus observées depuis le mois de mars. Tout en soulignant la relative stabilité génomique du SARS-CoV-2, il rappelle les différentes mutations qui ont pu être identifiées et qui « ne semblent pas avoir eu d’impact clinique en termes d’atténuation ou d’aggravation de la maladie, ni sur la validité des tests diagnostiques. » Concernant les 5 mutations relevées dans les élevages de visons survenues au Danemark, l’une d’elle semble être « une mutation d’adaptation au récepteur ACE2 des mustélidés et pourrait avoir un impact (...) sur l’antigénicité du virus. Des investigations préliminaires ne sont pas conclusives, mais nécessite d’être regardées de près. » Cet avis n’évoque pas le variant récemment identifié au Royaume-Uni.

Par ailleurs, soulignons l’effort pédagogique fourni par le HCSP qui, en préambule de l’analyse des données cliniques, développe largement la méthodologie suivie pour l’analyse de la littérature, en rappelant les principes de la lecture critique des articles, la place donnée aux études observationnelles et celle des publications en pré-print. En conclusion, il met aussi en perspective son avis avec celui des principales sociétés savantes internationales.