COVID-19 : le HCSP propose une gradation des facteurs de risque de formes graves


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a eu un délai très court pour répondre à la demande d’actualisation des facteurs de risque de formes graves du COVID-19 faite par la Direction générale de la santé (DGS). Son texte précise donc que son avis « est davantage un consensus d’experts qu’un avis basé sur des preuves solides et concordantes. » Néanmoins, après analyse de la littérature, il apporte deux éléments importants.

D’une part, il confirme que l’âge est un facteur de risque majeur, tant pour le risque d’hospitalisation que pour celui de décès : une personne de 70 ans a un risque de décès 20 fois supérieur (HR) et une personne de 80 ans près de 100 fois supérieur au risque d’une personne de 40 ans. Il confirme également que deux pathologies jouent un rôle important en termes de pronostic : l’obésité et le diabète (notamment chez les plus jeunes). Enfin, le cumul des comorbidités est fondamental à considérer. Aussi « l’identification des personnes à très haut risque relève d’une approche individuelle en raison du poids de l’âge, du sexe, du niveau socio-économique, de l’ethnicité et des nombreuses comorbidités potentielles . » Il souligne cependant que le sur-risque individuel est difficile à apprécier pour certaines maladies rares, en l’absence de données.

D’autre part, le texte propose une gradation du risque :

1- Sur-risque significatif (Hazard Ratio ou HR >1 et ≤3).

  • Âge de 60 à 69 ans.

  • Sexe masculin.

  • Obésité (IMC ≥ 35 kg/m2).

  • Précarité.

  • Diabète avec HbA1c ≥58 mmol.mol-1.

  • Présence de plusieurs comorbidités.

  • Pathologies entraînant une immunosuppression.

  • Cancer des voies respiratoires ou cancers solides avec un diagnostic datant de moins de 5 ans.

  • Hémopathies malignes, quelle que soit la date du diagnostic.

  • Insuffisance rénale stade 3 à 5.

  • Maladies neurologiques autres que l’AVC.

  • BPCO, Hypertension artérielle pulmonaire, asthme nécessitant la prise de corticoïdes inhalés.

  • Insuffisance cardiaque, artériopathies périphériques, fibrillation auriculaire.

  • Maladie thrombo-embolique.

  • Fracture ostéoporotique.

  • Troubles de l’apprentissage.

  • Cirrhose du foie.

  • Polyarthrite rhumatoïde, lupus systémique, psoriasis.

2- Situations ou pathologies avec sur-risque significatif élevé (HR >3 et ≤ 5) :       

  •  Diabète de type 1.

  •  Drépanocytose.

  •  Déficit immunitaire combiné sévère.

  •  Insuffisance rénale stade 5 avec dialyse. 


3- Situations ou pathologies avec sur-risque significatif très élevé (HR > 5) 
    

  • Âge ≥70ans.

  • Syndrome de Down (trisomie 21).

  • Greffe de cellules souches.

  • Chimiothérapie grade B et C.

  • Insuffisance rénale stade 5, ou greffée.

  • Syndromes démentiels.

  • Paralysie cérébrale.