COVID-19 : la transmission transplacentaire confirmée ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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Si la transmission du SARS-CoV-2 par gouttelettes de salive est bien établie, les autres modes de transmission sont pour le moment hypothétiques. C’est notamment le cas de la transmission materno-fœtale pour laquelle les données sont contradictoires (voir article univadis du 14 avril 2020). Ce mode de transmission n’est pas simple à mettre en évidence : le fait que le bébé soit infecté à la naissance n’est pas suffisant pour conclure à une transmission in utero car la contamination peut avoir eu lieu au moment de l’accouchement. Pour conclure, il est donc nécessaire de pouvoir analyser le sang maternel, le liquide amniotique, le sang du nouveau-né, le placenta… C’est ce qu’ont fait des médecins français qui viennent de publier une étude démontrant pour la première fois une transmission transplacentaire dans les dernières semaines de grossesse.

Cette étude porte sur le cas d’une femme enceinte de 23 ans hospitalisée en mars 2020 à 35 semaines de grossesse, à l’hôpital Antoine Béclère en région parisienne, avec une fièvre, une toux sévère et des expectorations abondantes. Un diagnostic de COVID-19 a été posé suite à la mise en évidence de gènes du SARS-CoV-2 par RT-PCR dans des échantillons sanguins, rhinopharyngés et vaginaux de cette femme.

Trois jours après son admission, une césarienne a été pratiquée. Le liquide amniotique a été collecté avant rupture de la membrane et a été testé positif pour le SARS-CoV-2. Le nouveau-né a présenté des symptômes neurologiques qualifiés de sévères (lésions au niveau du système nerveux central, rigidité des membres), similaires à ceux observés chez certains adultes atteints de COVID-19. Il a été placé à l’isolement en soins intensifs dans une pièce à pression négative.

La RT-PCR a retrouvé des gènes du SARS-CoV-2 au niveau du sang de la mère et de l’enfant ainsi qu’au niveau du liquide amniotique et du placenta. De plus, la naissance ayant eu lieu par césarienne, la contamination mère-enfant n’a pas pu se produire au cours de l’accouchement.

Cette étude a donc mis en évidence que la transmission transplacentaire du SARS-CoV-2 en fin de grossesse est possible mais il faut toutefois noter que les cas de nourrissons infectés à la naissance restent rares et que malgré les symptômes qualifiés de sévères observés chez l’enfant de cette étude à la naissance, il se porte bien aujourd’hui.

Des études complémentaires sont nécessaires pour confirmer ces résultats et établir si cette transmission est possible quel que soit l'âge gestationnel et quelle que soit la gravité de l'infection maternelle.