COVID-19 : la réalité de la réanimation par ceux qui la font

  • Marine Cygler

  • Actualités Médicales par Medscape
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France – Ils se sont tus jusqu'à présent, mais sont en première ligne pour la prise charge des patients atteints par une forme sévère de COVID-19, et constatent ces dernières semaines un afflux de malades qui les inquiètent. Ils assistent aussi aux sorties médiatiques de personnalités publiques, médecins mais aussi comédiens, hommes et femmes politiques..., qui diffusent auprès de la population des arguments générant beaucoup de confusion dans l’esprit des gens, certains reprenant même des thèses complotistes. C’est pourquoi, anesthésistes réanimateurs ont décidé de réagir par l’intermédiaire de leur Conseil National Professionnel et de l'ensemble de ses composantes* [1].

Interrogés par Medscape, deux d’entre eux, le Dr Franck Verdonk (anesthésiste réanimateur, Hôpital Saint-Antoine, Paris), vice-Président du CNP Anesthésie-Réanimation, et le Pr Marc Leone (chef de service d'anesthésie réanimation, Hôpital Nord, Marseille) s’expriment sur notre site. Leur but : rappeler la réalité du terrain et « éclaircir le contexte dans lequel s'inscrit cette pandémie », « loin de toute idéologie » précisent-ils.

« Loin de toute idéologie »

« Notre idée était de factualiser les choses, chiffres à l'appui. C'est difficile d'entendre des propos totalement faux, par exemple sur la mortalité du COVID-19, dans les médias. De même qu'on ne peut plus laisser des gens utiliser des arguments médicaux contre le confinement », explique le Dr Franck Verdonk. « La mortalité est relativement faible (1,2%) mais la diffusion du virus est si importante que si on laisse faire, c'est l'explosion du système de santé », précise-t-il.

Il insiste sur le fait que la situation est grave. « Il faut arrêter de dédramatiser une situation dramatique » lance-t-il.

Pour les anesthésistes réanimateurs, trois points fondamentaux sont à garder en tête pour comprendre la situation sur le terrain :

  1. les services de réanimation sont sous tension ;

  2. les déprogrammations chirurgicales sont devenues nécessaires ;

  3. l'hospitalisation ne concerne pas que les personnes âgées.

Des services sous tension 

« Actuellement, plus de 4500 patients COVID + sont hospitalisés en réa sur notre territoire sur les 7600 lits potentiels » indiquait le Dr Frank Verdonck jeudi 12 novembre. Les chiffres ont évolué depuis mais la démonstration est toujours valable.

« On peut donc penser qu'il reste 3.000 lits et que la situation est tenable. Sauf qu'il n'y a jamais de lit vide en réa» poursuit-il. « Je m'explique : hors période Covid, 85 à 87 % des lits de réanimation sont occupés en permanence. » Autrement dit, les 4.500 hospitalisations en réa pour Covid + se sont ajoutées aux patients habituellement pris en charge (complications post-opératoires, traumatismes graves, urgences cardiaques, neurologiques...). « Au final, il y a une surcharge de 60 % d'un système déjà saturé ».

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