COVID-19 : l’immunité adaptative durerait au moins 8 mois


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Après une infection par le SARS-CoV-2, les différents compartiments de l’immunité adaptative sont tous détectés 1-2 mois après l’infection pour 64% d’une cohorte américaine de patients, et le sont aussi pour 43% d’entre eux à 6-8 mois après l’infection. Mais 95% des participants de cette cohorte avaient au moins 1 élément de la réponse immune adaptative 5 à 8 mois après le début de la maladie. Ces données rassurantes proviennent d’une étude transversale menée à partir d’une cohorte de patients ayant eu une maladie COVID-19 de sévérité variable, complétée par une étude longitudinale pour une partie d’entre eux. Ce travail, visant à établir avec plus de précision la cinétique des différents effecteurs de l’immunité humorale, a été publié dans la revue Science début janvier. La cohorte initiale était constituée de 188 patients (dont 106 femmes, 19 à 81 ans, 7% ayant nécessité une hospitalisation). Chez 51 d’entre eux au moins 2 prélèvements étaient disponibles pour l’analyse longitudinale.

Des IgG relativement stables

Les IgG anti-Spike étaient détectées chez la majorité des patients et avaient une cinétique relativement stable au cours des 6 à 8 mois suivant l’infection. Le taux des IgG anti-RBD ( receptor binding domain ) et le résultat du test de neutralisation de pseudovirus, reposant essentiellement sur les IgG anti-Spike, étaient relativement stables sur cette durée. Il existait cependant une importante hétérogénéité interindividuelle. Globalement, le taux de patients ayant une séropositivité aux IgG anti-Spike et anti-RBD étaient de 90% et de 88% respectivement à 6-8 mois post-infection. Les dosages des IgA relatives à l’un et l’autre de ces antigènes montraient une cinétique décroissante sur la durée, avec atteinte d’un plateau pour le premier et une disparition pour le second.

Plateau des lymphocytes B mémoires

Concernant les lymphocytes B spécifiques de la protéine Spike, du RBD ou de la nucléocapside, leur taux croissait progressivement à distance de l’infection pour atteindre un plateau. Il était maintenu chez la majorité des patients entre 5 et 8 mois après le début de l’infection à SARS-CoV-2.

Les lymphocytes T CD8+ suivaient une cinétique classiquement décrite dans d’autres infections aiguës, soit une diminution lente avec le temps. La demi-vie de ces cellules était de 123 jours. Les lymphocytes T CD4+ ou helpers, qui sont essentiels dans la production des anticorps par les lymphocytes B, étaient retrouvés au-delà de 6 mois pour 92% des patients.

L’étude établit également que les hommes ont en moyenne des taux d’IgG supérieurs aux femmes, alors que les taux d’IgA et des différents lymphocytes analysés ici n’étaient pas significativement différents entre les deux sexes. Par ailleurs, la comparaison du profil de réponse immunitaire selon que les patients avaient été hospitalisés ou non montre que les taux d’IgG anti-Spike et de cellules B spécifiques sont plus élevés chez les premiers, suggérant, comme d’autres études avant elle, une immunité humorale d’autant plus intense que la sévérité de la maladie était élevée. Aucune différence n’a en revanche été observée pour les cellules T mémoires.

Ces données viennent complétées celles qui, à mesure de l'évolution de l'épidémie, permettent de mieux appréhender l'immunisation à moyen puis long terme suivant une infection par le COVID-19.