COVID-19 : l’angiopoïétine-2 comme marqueur pour repérer les patients à risque d’évolution défavorable

  • Smadja DM & al.
  • Angiogenesis
  • 27 mai 2020

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

  • Cette étude française réalisée par des chercheurs de l’Inserm montre que la E-Sélectine et plus encore l’angiopoïétine-2 sont des marqueurs circulants de l’activation endothéliale prédictifs de l’admission en soins intensifs chez les patients hospitalisés pour un COVID-19.
  • Les auteurs font l’hypothèse que la perte de l’intégrité des cellules endothéliales (et de leur effet thromboprotecteur) serait à l’origine de l’activation massive de la coagulation et des microthromboses diffuses observées chez les patients COVID-19.
  • Ils suggèrent que des traitements vasculoprotecteurs et anticoagulants pourraient être intéressants en phase précoce de la maladie pour prévenir les microthromboses rénales et pulmonaires plus tard dans l’évolution de la maladie.

 

Pourquoi est-ce important ?

Le COVID-19 a été associé à des troubles de la coagulation, à une inflammation endothéliale et à des complications d’origine ischémique. Et il a été montré que le SARS-CoV-2 était capable d’infecter les cellules endothéliales en utilisant le récepteur ACE-2 comme point d’entrée et de produire des lésions vasculaires. Une équipe de l’Inserm a fait l’hypothèse que cette invasion des cellules endothéliales était à l’origine des lésions pulmonaires microvasculaires et a cherché à savoir si les marqueurs solubles de l’inflammation vasculaire comme la E-sélectine et l’angiopoïétine-2 pouvaient être prédictifs d’une évolution défavorable nécessitant une admission en soins intensifs.

Méthodologie

L’étude a inclus 40 patients consécutifs admis aux urgences pour un COVID-19 et présentant des critères d’hospitalisation. La moitié d’entre eux ont nécessité un placement direct en service de soins intensifs. Leurs marqueurs solubles endothéliaux et angiogéniques ont été analysés.

Résultats

  • La comparaison des deux groupes de patients a montré que ceux ayant nécessité une admission en soins intensifs avaient une saturation pulsée en oxygène plus basse, un rythme respiratoire plus rapide et une lymphopénie plus marquée. À l’admission, ils avaient aussi des taux significativement plus élevés de D-dimères, de CRP et de créatinine que les autres.
  • L’analyse des taux de cytokines vasculaires, a également permis d’observer une augmentation significative de la E-sélectine et de l’angiopoïétine-2.
  • L’augmentation de ces cytokines vasculaires a ensuite été confirmée au niveau de l’expression génique de la E-sélectine sur une cohorte indépendante de 32 patients, cette expression augmentant avec la sévérité de la pathologie.
  • Une forte association a pu être retrouvée entre les taux d’angiopoïétine-2 et ceux de CRP, de créatinine et de D-dimères (p significatif pour tous les paramètres), alors qu’elle n’existait qu’avec la CRP et la créatinine pour la E-Sélectine.
  • L’analyse de l’aire sous la courbe a permis d’identifier les valeurs de l’angiopoïétine-2 situées au-dessus de 5000 pg/mL comme étant un facteur prédictif optimum d’une admission en soins intensifs, avec une sensibilité de plus de 80% et une spécificité de 70%. Cette association était maintenue après ajustement sur les taux de D-dimères, de CRP ou de créatinine.