COVID-19 : impact du manque de sommeil et du burn out professionnel ?

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une enquête menée sur internet auprès de professionnels de santé exposés au SARS-CoV-2 montre :

  • Une diminution de 12% du risque de COVID-19 pour toute augmentation d’une heure du temps de sommeil nocturne
  • Une très forte augmentation du risque d’infection chez ceux qui ont d’importants troubles du sommeil
  • Le risque de COVID-19 est plus que doublé chez ceux qui déclarent un épuisement professionnel quotidien

Méthodologie

Une enquête en ligne a recueilli les données autodéclarées de travailleurs de santé exposés au SARS-CoV-2 de 6 pays (France, Allemagne, Italie, Espagne, Royaume-Uni et États-Unis) entre le 17 juillet et le 25 septembre 2020. Les individus étaient déclarés COVID-19 positifs à partir du moment où ils avaient eu des symptômes caractéristiques de l’infection ou un test RT-PCR positif ou encore des anticorps pour les cas asymptomatiques.

Principaux résultats

Sur l’ensemble des sujets inclus (âge moyen 48 ans, 71,6% d’hommes), 568 ont été infectés par le SARS-CoV-2 et 2.316 ont servi de témoins.

Les professionnels « déclarés COVID-19 » avaient tendance à moins dormir, à avoir plus de problèmes de sommeil et à être plus souvent en burn out durant le dernier mois que les autres.

Après ajustement sur les caractéristiques démographiques, la spécialité médicale, l’état de santé, la présence ou non d’un burn out, une augmentation d’une heure de la durée de sommeil nocturne était associée à une diminution de 12% du risque de COVID-19 (p=0,003). En France, cette diminution atteignait même 33% pour une heure de sommeil supplémentaire (p=0,02). 

En revanche, une heure de sieste supplémentaire durant la journée augmentait de 6% le risque d’infection (p=0,02). Les résultats n’étaient cependant pas homogènes dans tous les pays, et les données pas toujours significatives. Si la sieste est un indicateur de manque de sommeil pour certaines personnes, il s’agit d’une tradition culturelle pour d’autres, or la raison de cette sieste n’a pas été recueillie dans l’étude.

Le fait d’avoir 3 problèmes de sommeil (difficultés à dormir la nuit, réveils fréquents, prise de traitement pour dormir) était associé à un risque de COVID-19 augmenté de 88% (p=0,01).

Après ajustement sur l’état de santé du professionnel et sa spécialité, l’impact du burn out s’est révélé particulièrement important. En effet, ceux qui déclaraient un burn out quotidien au cours du dernier mois avaient un risque d’infection au SARS-CoV-2 plus que doublé par rapport à ceux qui ne rapportaient pas d’épuisement professionnel (Odd ratio 2,60 [1,57-4,31], p<0,001).

Ces associations sont restées significatives après ajustement sur la fréquence des expositions au virus suggérant un impact important du système immunitaire.

Limites

Il s’agit d’une étude en ligne menée sur la base d’autodéclarations.