COVID-19: impact de l’âge sur le pronostic des comorbidités

  • Funk T & al.
  • Euro Surveill

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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COVID-19: comment l’âge module-t-il l’impact des comorbidités sur le pronostic?

Selon une large étude européenne, la majeure partie du pronostic lié à l’infection est due à l’âge, le risque relatif supplémentaire lié à une comorbidité restant relativement modeste.

À retenir

  • Selon l’analyse du pronostic de plus de 2,6 millions de cas européens de COVID-19, les principales pathologies identifiées comme étant à risque de favoriser les formes sévères de COVID-19 (diabète, obésité, troubles cardiaques...) sont associées à un risque d’hospitalisation ou de décès multiplié par 1,9 à 5,6 fois par rapport à des personnes non infectées, après ajustement sur l'âge, le sexe, la période de déclaration et le pays d’appartenance.

  • La plupart des comorbidités à risque qui ont fait l’objet de cette analyse était associée à ce sur-risque hormis l’asthme, pour lequel seul un sur-risque d’hospitalisation existait, et l’hypertension artérielle (HTA) pour laquelle une possible sous-notification incite toutefois à une interprétation prudente.

  • Si ces comorbidités tendaient à avoir un effet relatif plus important chez les jeunes que chez une personne âgée souffrant de la même pathologie, sa probabilité d'être hospitalisé ou de décéder lors de cet épisode infectieux était elle d’autant plus élevée que le sujet avançait en âge.  

Pourquoi est-ce important ?

Si l’âge et plusieurs comorbidités ont rapidement été identifiés comme favorisant la sévérité d’un épisode infectieux à SARS-CoV-2, le poids relatif de ces différents paramètres l’un par rapport à l’autre reste moins bien maîtrisé. Grâce à cette étude d’envergure européenne, il est possible d’avoir des données robustes sur le sujet. Ces résultats pourraient contribuer à adapter la priorisation des vaccins contre le COVID-19 en incluant des seuils d'âge spécifiques pour les différentes comorbidités ou en proposant des espacements d’administration pour les plus jeunes.

Méthodologie

Cette étude a été menée à partir des 2.614.881 cas déclarés par 9 pays de l’espace économique européen et déposés dans le système de surveillance hebdomadaire européen TESSy entre juin et décembre 2020. Le pronostic (hospitalisation, décès, décès hospitalier) de ceux dont le profil clinique était rempli et dans lequel figurait l’une des 11 comorbidités analysées a été comparé à celui des sujets sans comorbidités selon la classe d’âge. Ces comorbidités étaient : cancer, HTA, autres pathologies cardiaques, diabète, obésité, dysimmunité, maladie rénale ou hépatique, asthme, autres maladies pulmonaires, troubles neurologiques.

Principaux résultats

En dehors de l’asthme et de l’HTA, le risque d’hospitalisation lié au COVID-19 lorsqu’il est associé à l’une des onze comorbidités était multiplié par un facteur compris entre 1,83 (obésité) et 4,86 (maladie rénale) par rapport aux cas comparables sur l'âge, le sexe, la période de déclaration et le pays d’appartenance mais ne présentant pas de comorbidités. Concernant le risque de décès, il était multiplié par un facteur compris entre 1,92 (cancer) et 5,63 (obésité) dans cette même analyse après ajustement. Pour les patients présentant 1 à ≥3 de ces maladies, les rapports de risque ajustés d’hospitalisation ou de décès étaient respectivement multipliés par 2,29 à 4,58 d’une part, et entre 2,07 et 5,52 d’autre part.

L'âge avait une influence sur la plupart des pathologies analysées, sachant qu’il influençait selon les pathologies le risque de décès, d’hospitalisation ou les deux.

Si le risque d’hospitalisation d’un cas COVID-19 associé à une comorbidité était plus élevé parmi les plus jeunes (vs les plus vieux), l’analyse montre qu’à comorbidité donnée, ceux qui sont les plus vieux ont une probabilité supérieure de décès. Pour exemple, les sujets de 20 -29 ans atteints d'un cancer avaient un risque ajusté d’être hospitalisé 6,20 fois supérieur à celui d’une personne ≥80 ans atteinte de cancer et 1,4 fois supérieur à une personne ≥80 ans sans comorbidité.

L’augmentation du risque de décès était la plus élevée pour les ≥80 ans ayant au moins 3 comorbidités (+27,56 % vs 9,12% pour le même groupe d’âge sans comorbidité).