COVID-19 - Il ne faut pas compter sur l’été pour diminuer l’épidémie


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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La transmission de nombreux virus respiratoires est saisonnière, en particulier dans la région tempérée de l’hémisphère nord, où elle est en recrudescence en automne et en hiver. Plusieurs facteurs en rendent compte :

  • Climatiques, comme des niveaux plus faibles de température ou de rayonnement ultra-violet ;

  • Liés à l’hôte, par exemple diminution de l’immunité, fragilité des muqueuses respiratoires, aggravation de problèmes de santé préexistants ;

  • Comportementaux, du fait des interactions sociales plus fréquentes en intérieur.

Le service documentation de Santé publique France a réalisé une synthèse des publications parues sur le sujet en ce qui concerne le SARS-CoV-2 (jusqu’au 9 juin 2020).

Des corrélations modestes avec les facteurs météorologiques

Expérimentalement, ce virus peut être inactivé par augmentation de la température. Les données expérimentales concernant les autres facteurs climatiques portent sur le SARS-CoV-1, inactivé par les rayonnements ultraviolets et par l’humidité relative à des niveaux autour de 50% (l’inactivation suit une courbe en U : survie longue autour de 20-30% et 80%).

En ce qui concerne la transmission interhumaine du SARS-CoV-2, il semble exister une corrélation négative avec la température mais elle est au mieux modeste. Les résultats portant sur l’humidité relative vont de l’absence d’association significative à un ralentissement de la transmission. Il semble que celui-ci soit corrélé avec la présence de rayonnements ultraviolets et l’augmentation de la vitesse du vent. Au total, la plus grande part de la transmission du SARS-CoV-2 ne semble pas dépendre de facteurs météorologiques. Il est donc difficile actuellement de conclure à une saisonnalité du virus. S’il y a une atténuation de la transmission durant l’été dans l’hémisphère nord, elle sera vraisemblablement modeste.

Cependant, la pandémie dans l’hémisphère le plus touché pourrait alimenter la transmission virale dans l’autre hémisphère, le phénomène se répétant alternativement chaque année jusqu’à l’atteinte d’un état endémique après 3 à 5 ans. Quoiqu’il en soit, il semble assuré « qu’une éventuelle saisonnalité ne permettra pas de contrôler à elle-seule la transmission du virus, sans autres mesures de contrôle. » Il faudra compter également avec l’immunité acquise dans la population et la réintroduction éventuelle du virus chez l’homme à partir d’un réservoir animal.