COVID-19 - Il est impossible de repérer les patients à très haut risque vital.


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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COVID-19 : une pathologie multifactorielle

La liste des facteurs favorisant une forme grave de COVID-19 est aujourd’hui bien établie : un âge supérieur à 65 ans et surtout à 70 ans, une comorbidité, dont les plus importantes pour la France sont l’HTA (hypertension artérielle), les pathologies cardiaques et le diabète, le cancer et l'asthme selon leur stade évolutif. 

Cela étant, le processus conduisant à une forme grave est très probablement multifactoriel, associant aux facteurs précités : le délai de prise en charge, le type de prise en charge (les résultats thérapeutiques varient considérablement d’un hôpital à un autre), le sexe masculin, le groupe sanguin de type A et la peau noire. 

Il existe vraisemblablement des prédispositions génétiques à la vulnérabilité à l’égard de la maladie : certains marqueurs ont été identifiés sur le gène qui code pour le récepteur cellulaire ACE2 du SARS-CoV-2, des variations au sein des loci HLA ou des polymorphismes du gène de l’IL-6 ont été identifiés.

Une reprise du travail sous conditions

Mais à la question que lui a posée la Direction Générale de la Santé (Parmi les personnes à risque de forme grave de COVID-19, peut-on identifier celles à « très haut risque vital » ?), le HCSP a répondu sans ambiguïté : « Non, faute de données disponibles. » En revanche, il recommande qu’une information ciblée leur soit délivrée. 

En ce qui concerne la reprise du travail, il distingue deux situations en fonction du lieu de l’activité.

  1. Le télétravail et la distanciation physique constante ne sont pas possibles. Le risque d’infection à SARS-CoV-2 n’apparaissant pas plus important qu’en population générale, la reprise du travail peut se faire, à condition du respect strict des mesures barrières, en particulier le port du masque.

  2. Le télétravail est possible. Il doit être privilégié au maximum. En cas d’activité en présentiel, le poste de travail doit être isolé ou au moins aménagé pour limiter le risque d’exposition. Il ne doit pas être partagé et doit être désinfecté au moins en début et en fin de poste, sachant que la plupart des désinfectants ménagers courants sont efficaces.

Ces recommandations sont établies à partir de l’état actuel des connaissances. Celles-ci peuvent évoluer. Ainsi le HCSP cite un travail récent suggérant la possibilité de repérer les sujets à risque de forme grave de COVID-19 : il a été identifié chez eux une réduction de la réponse interféron de type 1, avec charge virale élevée et réponse inflammatoire exacerbée de la voie de signalisation NF-Kb, se traduisant par une production excessive de TNF-alpha et d’IL-6 (voir sur Univadis COVID-19 - Diminution de l’activité des interférons de type 1, facteur de gravité du COVID-19).