COVID-19 : faut-il reporter les vaccinations obligatoires ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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À retenir :

  • Avec la peur du COVID-19 et les contraintes du confinement, les parents ne respectent pas le calendrier vaccinal, ce qui expose à un risque de recrudescence de maladies potentiellement graves
  • La Haute Autorité de Santé vient d’émettre des recommandations à ce sujet
  • Avant l’âge de 2 ans, le respect du calendrier vaccinal est primordial
  • Après l’âge de 2 ans, les vaccinations peuvent être repoussées à la fin du confinement, sauf en cas de prévention autour de cas ou en post-exposition

Alors que le nouveau calendrier vaccinal 2020 vient d’être publié fin mars, les pédiatres s’inquiètent de l’impact de l’épidémie actuelle sur les vaccinations. En effet, avec la peur du COVID-19 et les contraintes du confinement, les parents ne se présentent plus aux consultations obligatoires de pédiatrie et ne respectent pas le calendrier vaccinal. Repousser de plusieurs mois la vaccination des enfants de moins de deux ans expose à un risque de recrudescence de maladies potentiellement graves, comme la rougeole ou la méningite. La Haute Autorité de Santé (HAS) vient d’émettre des recommandations à ce sujet.

Avant l’âge de 2 ans : respecter le calendrier vaccinal

Malgré le contexte épidémique et la nécessité de respecter le confinement, la HAS considère comme primordial le maintien de l’ensemble des vaccinations obligatoires des nourrissons (à 2, 4, 5, 11, 12 et 16-18 mois). En effet, un retard dans les vaccinations expose les nourrissons à de graves conséquences sanitaires.

La vaccination des nourrissons doit pouvoir se faire en toute sécurité, en respectant les mesures barrières afin de protéger les professionnels, les nourrissons et leur famille : espacement des consultations, accueil de l’enfant avec un seul parent, aération des locaux, renforcement des mesures d’hygiène… Le respect de ces mesures est facilité par le fait que l’affluence dans les cabinets médicaux est moins importante que d’habitude car les patients évitent de venir et la téléconsultation s’est beaucoup développée.

Concernant le respect du confinement, les visites médicales en vue de la vaccination des jeunes enfants sont considérées comme faisant partie des « consultations et soins ne pouvant être assurés à distance et ne pouvant être différés » et restent donc autorisées. Dans le cas où le pédiatre habituel ou le médecin traitant a fermé son cabinet du fait de la crise épidémique, les familles doivent rechercher un autre médecin disponible.

Après l’âge de 2 ans : repousser éventuellement les vaccinations

En revanche, pour ce qui concerne la population générale au-delà de l’âge de 2 ans, la HAS considère que les vaccinations recommandées peuvent être différées jusqu'à la levée des mesures de confinement, à l’exception des situations où une prévention par la vaccination autour de cas ou en post-exposition est indiquée (rougeole, méningite, coqueluche, varicelle...).