COVID-19 : faut-il désinfecter l'air des salles d’attente aux UV ?

  • Nardell EA & al.
  • JAMA
  • 1 juin 2020

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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Une revue rapide de la littérature menée à la demande de la Maison Blanche avait conclu début avril à une diffusion du SARS-Cov-2 par les aérosols, pas seulement ceux projetés par les éternuements et la toux, mais également par la seule respiration. Cette transmission par les airs serait associée à des résidus secs issus de gouttelettes, flottant dans l’air, qui sont moins soumis à la sédimentation et sont capables de diffuser par les courants d’air, loin de la trajectoire des gouttelettes dont ils sont issus. Si cette possibilité n’a pas été formellement démontrée pour le SARS-Cov-2, le phénomène a été décrit pour les virus de la grippe aviaire (H5N1), du SARS, du MERS et de la grippe et apparaît hautement probable dans l’épidémie qui nous concerne aujourd’hui. En accord avec cette hypothèse, de l’ARN viral du SARS-Cov-2 a effectivement été retrouvé dans des échantillons d’air prélevés en établissements hospitaliers. Et ce mode de transmission a été fortement suspecté au sein d’un cluster issu d’une chorale aux États-Unis. Parmi les 60 membres présents à une répétition de 2 heures et demie, 45 ont été reçu un diagnostic ou ont eu des symptômes compatibles avec le COVID-19. Dès lors, le port de masques respirateurs N95 pour les soignants prenant en charge des patients contaminés, et la désinfection de l’air des unités concernées, paraissent justifiés.

Quelles sont les technologies disponibles ?

La ventilation naturelle (lorsque les conditions extérieures le permettent) et la ventilation mécanique (avec réchauffement/refroidissement et déshumidification de l’air) capables de renouveler 6 à 12 fois par heure le volume d’air de la pièce sont efficaces et recommandées par le CDC ( Center for Disease Control ). D’autres techniques sont disponibles comme les purificateurs d’air (à filtres, UV, etc.). Mais selon le volume de la pièce, ces systèmes peuvent s’avérer sous-dimensionnés pour traiter un volume d’air suffisant par heure et apporter une réelle protection. Les lampes germicides UV murales représentent une autre solution particulièrement intéressante. Elles ont apporté la preuve de leur efficacité dans la prévention de la transmission de germes bactériens (tuberculose) ou viraux (SARS-Cov). Elles peuvent être utilisées dans les pièces inoccupées, lorsque la ventilation naturelle n’est pas possible (climatisation par exemple) et placées dans toutes les pièces disposant d’une hauteur de plafond suffisante pour décontaminer les surfaces, les respirateurs, etc. Dans les pièces occupées, une utilisation 24h/24 et 7 jours sur 7 à bas niveau pourrait également accélérer l’inactivation des particules virales sur les surfaces, mais cela n’a pas encore été formellement démontré.

Quels lieux équiper en priorité ?

Face à l’exposition des soignants en milieu hospitalier, de nombreux établissements envisagent l’installation de lampes germicides UV murales pour désinfecter l’air ambiant, même si aucune publication n’a encore fait état de leur efficacité et qu’elles ne font pour l’heure l’objet d’aucune recommandation. Les auteurs, qui n’ont déclaré aucun conflit d’intérêt, proposent de les utiliser en priorité dans les salles d’attente, les services d’urgence, les services de soins intensifs, les salles de bronchoscopie et d’endoscopie et autres lieux susceptibles d’être contaminés par des aérosols, rappelant que la pandémie de COVID-19 encore en cours n’est probablement pas la dernière.