COVID-19 et grossesse : plus d’accouchements par césarienne et de complications post-partum

  • Prabhu M & al.
  • BJOG
  • 21 sept. 2020

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Une étude new-yorkaise apporte des éléments supplémentaires sur l’évolution périnatale des femmes enceintes atteintes de COVID-19 et celle de leur nourrisson.
  • Si les résultats sont globalement plutôt rassurants, ils montrent toutefois que les femmes ayant contracté l’infection ont davantage d’accouchements par césarienne et de complications post-partum, justifiant une observation plus attentive durant cette période.
  • Aucun cas de transmission verticale n’a été observé chez les nouveau-nés dans les 24h suivant la naissance. Mais des thromboses intraplacentaires ont été observées plus fréquemment en présence de l’infection par le SARS-CoV-2 et leurs implications à plus long terme chez la mère comme chez l’enfant restent à ce jour inconnues.

 

Pourquoi est-ce important ?

Quelques mois après le début de l’épidémie de COVID-19, les données concernant l’évolution des femmes enceintes atteintes de cette infection commencent à émerger. Si la présentation clinique ne semble pas différer chez les femmes enceintes, de premières études ont suggéré des taux de césariennes et d’accouchements prématurés plus élevés. Une étude réalisée sur une large cohorte de femmes enceintes au sein des services de gynécologie-obstétrique de 3 hôpitaux new-yorkais a comparé l’évolution périnatale des mères et de leurs nouveau-nés selon qu’elles étaient ou non porteuses du SARS-CoV-2, et qu’elles avaient, ou non, développé des symptômes

Méthodologie

Cette étude de cohorte prospective a inclus toutes les femmes enceintes hospitalisées pour accoucher au cours des 28 jours ayant suivi la mise en place des tests systématiques dans les hôpitaux de New-York. Toutes étaient testées par RT-PCR à partir de prélèvements nasopharyngés à l’admission, ainsi que les nouveau-nés lorsque leur mère était positive au test.

Résultats

  • Sur les 675 femmes incluses (âge gestationnel médian de 39 semaines), 70, soit 10,4%, se sont révélées positives aux tests PCR et parmi elles, 55 (78,6%) étaient asymtomatiques à leur arrivée à l’hôpital. Cependant 12,9% d’entre elles ont développé au moins une complication post-partum (fièvre, hypoxie, nécessité de réhospitalisation pour hypoxie) contre seulement 4,5% parmi les femmes non infectées par le virus. Une seule a dû être placée en soins intensifs et aucune n’est décédée.
  • Des césariennes ont été réalisées significativement plus souvent chez les femmes ayant un COVID-19 symptomatique (46,7%) et asymptomatique (45,5%) que chez celles qui n’avaient pas contracté l’infection (30,9%) (p=0,044), alors que les indications restaient inchangées.
  • Le taux de complications post-partum (fièvre, hypoxie, réhospitalisation pour hypoxie) était également plus élevé chez les patientes atteintes de COVID-19 que chez celles qui ne l’étaient pas (12,9% contre 4,5%, toutes complications confondues, p
  • Du côté des nouveaux-nés, sur les 71 testés, aucun ne s’est révélé positif au SARS-CoV-2 dans les 24h suivant la naissance. Il n’y avait pas non plus de différence concernant le taux de prématurité, le poids de naissance ou le score Apgar, entre ceux qui étaient nés de mères positives ou négatives au SARS-CoV-2.
  • La recherche de pathologies placentaires a montré qu’elles se rencontraient plus souvent chez les mères atteintes de COVID-19 (93,3%) que chez les autres (32,5%), avec notamment la  présence plus fréquente de défauts de perfusion vasculaire liés à des thrombus intraplacentaires chez les femmes ayant contracté le COVID-19 (48,3% vs 11,3%, p

Limites

  • Statut symptomatique basé sur la déclaration des femmes hospitalisées.
  • Risque de biais sur la classification des femmes en fonction de leur statut SARS-CoV-2 et l’interprétation des pathologies placentaires.