COVID-19 et cancer : des données rassurantes de la part de l’Institut Curie


  • Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir

Les résultats d’une étude française ayant évalué les caractéristiques et le pronostic des patients souffrant de cancer et atteints du COVID-19 viennent d’être publiés. Ceux-ci montrent que :

  • 1,4% des patients souffrant de cancer et traités par l’Institut Curie (hospitalisés ou non) ont contracté le virus entre mi-mars et début mai 2020. Il est possible que cette incidence soit sous-estimée, mais elle reste inférieure à l’incidence estimée sur la population d’Ile-de-France sur la même période (12,3%) ainsi qu’à celle de la population générale française (5,7%).
  • Les caractéristiques cliniques des sujets souffrant de cancer et infectés par le COVID-19 étaient similaires à celles de la population générale avec une immense partie des sujets asymptomatiques ou paucisymptomatiques.
  • Enfin, le taux de mortalité par COVID-19 serait semblable entre les sujets souffrant de cancer (18%) et la population générale (jusqu’à 20%), ce qui contraste avec les données de nombreuses études rétrospectives.

Ces données sont intéressantes car montrent que grâce au confinement strict, les patients souffrant de cancer n’auraient pas eu de sur-risque d’infection par COVID-19.

Pourquoi ces résultats sont intéressants ?

Par rapport à la population générale, plusieurs études ont mis en évidence une incidence et une mortalité plus importantes chez les sujets souffrant de cancers. Les données de cette étude sont intéressantes notamment car elles sont issues d’un suivi prospectif de patients hospitalisés et à domicile. 

Méthodologie

Cette étude prospective a été menée à partir d’un registre de l’Institut Curie au début de la pandémie de COVID-19. Tous les sujets souffrant de cancer et ayant une infection suspectée ou confirmée de COVID-19 étaient inclus et suivis durant 28 jours.

Principaux résultats

Au total, 9.842 patients traités à l’Institut Curie ont été inclus entre la mi-mars et début mai 2020. Parmi eux, 1,4% (n=141) ont reçu un diagnostic d’infection au COVID-19 par test RT-PCR et/ou scanner thoracique. Ces patients COVID-19 positifs étaient âgés en moyenne de 62 ans (26% avaient plus de 70 ans), 72% étaient des femmes, l’IMC médian était de 25 kg/m2, et la représentativité des différents types de cancers était similaire à celle de la population générale : 40% de cancers du sein, 13% de cancers hématologiques, 13% de cancers du poumon, 9% de cancers gynécologiques, 8% de cancers gastro-intestinaux, pour ne citer que les plus fréquents. 

Les principaux symptômes liés à l’infection par COVID-19 étaient présents chez 79% des patients, dont les principaux étaient de la fièvre (53%), de la toux (37%), une dyspnée (30%) et une détresse respiratoire (10%). Selon la sévérité des symptômes, les patients sont restés à domicile (64%) ou ont été hospitalisés (36%). La plupart des patients restés à domicile n’ont pas eu de symptômes ou très peu de symptômes durant les 28 jours de suivi. Huit pourcents des patients ont cependant été transférés en unité de soins intensifs, 18% sont décédés des suites de l’infection par COVID-19. Les sujets souffrant de cancer du poumon étaient ceux dont le pronostic était le moins bon puisque 23% d’entre eux sont décédés.

En analyse multivariée, seules une diminution de la saturation en Oet une extension des signes radiologiques pulmonaires étaient prédictifs du décès et/ou de l’admission en unité de soins intensifs.