COVID-19 : données préliminaires de l’étude de phase 3 relative au remdesivir


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Selon les résultats préliminaires de l’étude de phase 3 contrôlée et randomisée, menée en double aveugle, le remdesivir pourrait offrir un délai de récupération plus court et une amélioration clinique plus rapide par rapport à un placebo, dans la prise en charge de patients atteints de COVID-19. Ces données semblent plus particulièrement significative dans les formes modérées mais restent à confirmer par l’analyse de la cohorte entière.

 

L’étude ACTT-1 (Adaptive Covid-19 Treatment Trial) est une étude de phase 3 contrôlée et randomisée en double aveugle initiée par le NIAID américain ( National Institute of Allergy and Infectious Diseases ) et dont les premiers résultats avaient été évoqués publiquement par le NIH fin avril.

Cette étude avait pour objectif d’évaluer l'efficacité et la sécurité du remdesivir dans le traitement du COVID-19. Menée dans 60 sites issus de 13 pays, l’étude a recruté des patients adultes dont le diagnostic était confirmé et présentant un signe radiologique ou respiratoire (infiltrations à l’imagerie, SpO2 inférieure à 95%, nécessité d’oxygénothérapie ou ventilation mécanique). Ils ont été randomisés (1:1) entre un traitement par remdesivir (200 mg IV à J1, puis 100 mg/j de J2 à J10 ou jusqu'à sortie d'hospitalisation ou au décès) et un traitement placebo (solution saline). 

Au total, 1.063 patients ont été inclus et répartis dans les deux groupes (âge moyen 58,9 ans, 64,3% d'hommes). L’analyse portait sur les résultats de 391 patients traités et 340 patients du groupe contrôle, les données à 28 jours n’étant pas disponibles pour les autres au moment de l’analyse (28 avril). Le stade initial de la maladie (scoré entre 1 et 8 sur l’échelle NEWS allant d’un patient à domicile sans besoin de soins, jusqu’au décès) était de 5 (hospitalisé avec supplémentation en oxygène) pour 39,5% d’entre eux ou de 7 pour 25,6% d’entre eux (hospitalisé avec ventilation invasive ou ECMO).

Le critère principal d’évaluation (délai jusqu’à récupération, soit atteinte des scores 1 à 3) était inférieur dans le groupe remdesivir que dans le groupe placebo (11 vs 15 jours, soit un rapport des taux de 1,32 [1,12 -1,55], p

Par ailleurs, la mortalité à 14 jours étaient de 7,1% dans le groupe traité et de 11,9% sous placebo (rapport des taux 0,70 mais non significatif). Enfin, les événements indésirables graves avaient concerné 21,1% et 27,0% des groupes remdesivir et placebo respectivement, dont 2 cas imputables au traitement dans chaque groupe.

Parmi les limitations, il faut indiquer le changement de critère principal de jugement au cours de l’étude, qui était initialement fondé sur la différence de score à J15 entre les deux groupes. Les auteurs précisent que cette décision a été prise avant toute connaissance ou exploitation des données, afin de rendre le critère de jugement plus sensible au vu des données accumulées dans la communauté scientifique après la rédaction du protocole, et qui décrivent une durée de guérison de la maladie plus longue qu’attendue. Le critère principal initial a ainsi été basculé parmi les critères secondaires et le critère principal fondé sur le délai jusqu’à récupération.

Ces données restent préliminaires et devront bien évidemment être mises en regard de l’analyse de l’ensemble de la cohorte, et d’autres études. Rappelons que celle d’une étude chinoise ont, elles, été négatives.