COVID-19 : des patients qui redeviennent positifs aux tests PCR après leur guérison ?

  • Liotti FM & al.
  • JAMA Intern Med
  • 12 nov. 2020

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Cette étude de suivi post-infectieux menée auprès de patients ayant guéri du COVID-19 montre que certains d’entre eux peuvent à nouveau être positifs aux tests RT-PCR, avec toutefois un faible niveau de charge virale.
  • Ceux ayant un ARN capable de se répliquer restent cependant une minorité (1 seul cas sur 32 détectés à nouveau positifs) et leur contagiosité n’est à ce jour pas établie.

 

La signification de la positivité des tests RT-PCR au SRAS-CoV-2 n’est pas encore pleinement élucidée. Ainsi, des résultats positifs ont été à nouveau retrouvés chez certains patients guéris du COVID-19, alors que les résultats à ces tests s’étaient montrés négatifs au moment de la guérison et sans que des signes d’une nouvelle infection aient pu être identifiés. Que signifie ce retour à la positivité ? Ces patients sont-ils réellement contagieux ? Doivent-ils être placés en quarantaine ? Des chercheurs italiens tentent de répondre à ces questions dans une lettre à l’éditeur du JAMA Internal Medicine paru ce mois-ci.

Suivi ambulatoire post-COVID-19

Les résultats PCR de 176 patients suivis en ambulatoire après une infection aiguë par le SARS-CoV-2 ont été analysés au sein d’un centre de suivi post-infectieux à Rome. Ces patients avaient cessé leur confinement après disparition de la fièvre durant 3 jours consécutifs, amélioration des symptômes et résultats RT-PCR négatifs répétés à 24h d’intervalle. Le suivi comprenait des prélèvements nasopharyngés et tests RT-PCR, ainsi que des tests de détection des IgG et IgA dirigés contre le SARS-CoV-2.

Un cas possible de nouvelle infection

  • Sur les 176 prélèvements nasopharyngés réalisés, 32, soit 18%, ont été détectés positifs à l’ARN du virus, avec une charge virale comprise entre 1,6.101 et 1,3.104 copies/mL après une durée moyenne de suivi de 48,6 jours.
  • Pour l’un d’entre eux, l’ARN viral détecté 16 jours après la guérison était capable de se répliquer, et des symptômes étaient présents, suggérant une récidive ou une nouvelle infection. 
  • Il s’agissait d’un patient âgé hypertendu, diabétique et souffrant d’une maladie cardiovasculaire. Il n’existait aucune preuve d’un contact avec une personne contaminée par le virus.
  • Les 31 autres patients à nouveau positifs au SARS-CoV-2 étaient asymptomatiques. Les auteurs pensent que leur positivité résultait d’une récidive ou d’une infection en voie de guérison, mais qu’ils avaient peu de chance d’être à nouveau contagieux. 
  • Des anticorps spécifiques ont également pu être détectés chez 31 de ces patients, ainsi que chez 139 des 144 autres patients. (Celui chez qui il n’avait pas été détecté d’anticorps n’était pas celui qui présentait un ARN viral réplicatif).

Limite

Absence de données issues de cultures virales, pas d’analyse du génome viral entier, et petite taille de l’échantillon de patients.