COVID-19 : Des masques FFP2 aux masques faits maison


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Les différents types de masques ne répondent pas à des usages uniquement médicaux ou sanitaires. Les médias ont largement relayé les demandes des professionnels de santé et plus généralement de tous les professionnels en contact avec le public de disposer de masques de protection adaptés à l’exercice de leur métier. Suivant les recommandations du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) et de la Société française d’hygiène hospitalière (SF2H), le Ministère a indiqué quel type de masque (chirurgical ou FFP2) devrait être porté par tel type de professionnel dans telle situation (voir sur Univadis). De plus, l’Académie de médecine a recommandé l’obligation de porter un masque « grand public » pour tous lors des sorties en période de confinement et dans la période de sortie du confinement. Enfin, des masques professionnels mais non médicaux seront prochainement mis à la disposition des personnels en contact avec le public.

Les masques de protection respiratoire (FFP) protègent leurs porteurs de l’inhalation de gouttelettes. Répondant à la norme NF EN 149:2001, il en existe trois types selon leur niveau de filtration. Le type FFP1 est utilisé en milieu professionnel contre l’inhalation de poussières (par exemple, dans les travaux de bâtiment). D’un niveau de protection supérieur (filtration de 94% des particules), le type FFP2 est utilisé par les professionnels de santé en contact avec des patients contaminés, mais aussi dans certains métiers de la construction ou de l’agriculture. Ayant un niveau de filtration de 99%, le type FFP3 protège contre des particules très fines, comme celles de l’amiante.

Les masques dits chirurgicaux protègent les personnes de la projection de gouttelettes par ceux qui les portent. La protection est donc surtout en sens inverse de celle des masques FFP. Il en existe trois sortes : I, II et IIR, les deux derniers étant destinés à un usage en chirurgie. En période épidémique, ils devraient pouvoir être portés par l’ensemble de la population.

Les masques « grand public » , ou « faits maison » ou « alternatifs » ou « do it yourself », sont préconisés par l’Académie de médecine du fait que l’actuelle pénurie de masques chirurgicaux risque de se prolonger quelques semaines. Ils sont un pis-aller, mais permettent sans doute de restreindre la circulation du virus. Les réseaux sociaux fourmillent de procédés de fabrication. L’Académie en recommande deux : un très artisanal mais simple à fabriquer (serviette en papier, élastiques, agrafeuse), présenté par le Pr Garin (Service de santé des Armées)(https://www.youtube.com/watch?v=7Lg0jnJ3hEo), et un de fabrication plus « technique » préconisé par la Société française des sciences de la stérilisation (https://www.youtube.com/watch?v=QkEWqKntdSc). Enfin l’AFNOR, association internationale de normalisation, propose un cahier des charges et deux modèles pour fabriquer soi-même son masque. Elle recommande l’utilisation d’étoffes lisses et non irritantes (coton, polyester texturé), d’élastiques ou de liens en tissu et proscrit l’utilisation des agrafes.

Masques à usage professionnel non médical. Le Gouvernement travaille avec plusieurs industriels pour assurer la fabrication et la mise à disposition prochaines de masques « non sanitaires » afin d’ « offrir une protection adaptée pour certaines activités professionnelles en dehors du domaine médical ». Ils seront de deux types :

  • masques individuels à usage des professionnels en contact avec le public ; ils seront destinés à être proposés à des populations amenées à rencontrer un grand nombre de personnes lors de leurs activités (hôtesses et hôtes de caisses, agents des forces de l’ordre, ...) ;

  • masques de protection à visée collective pour protéger l’ensemble d’un groupe portant ces masques. Ils sont destinés à l’usage d’individus ayant des contacts occasionnels avec d’autres personnes dans le cadre professionnel. Ils pourront être portés par l’ensemble des individus d’un sous-groupe (entreprise, service) lorsque le poste ou les conditions de travail le nécessitent.

Quel que soit le type de masque, le porteur doit prendre garde à sa durée maximum d’utilisation, à sa propreté, aux gestes nécessaires pour ne pas le contaminer et à ceux nécessaires pour le jeter (par exemple dans un sac plastique pour les masques chirurgicaux).