COVID-19 : de l’importance du taux et du calendrier d’administration du plasma convalescent

  • Jaskuła E & al.
  • Pol Arch Intern Med
  • 27 août 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Une étude rétrospective américaine confirme que le plasma convalescent peut être efficace pour réduire le risque de mortalité associée au COVID-19 dans certaines situations. La transfusion d’un taux élevé d’anticorps apparaît plus efficace que celle d’un taux plus faible lorsque les patients n’ont pas bénéficié d’une ventilation mécanique préalable et lorsque son administration est précoce dans l’évolution de la maladie. En revanche, le plasma convalescent ne réduit pas le risque de décès à 30 jours chez les patients qui ont déjà une ventilation mécanique.

Les données relatives à l’utilisation du plasma convalescent dans la prise en charge du COVID-19 symptomatique sont contrastées, toutes les études disponibles jusqu’à présent ne permettant pas de conclure de façon unanime sur l’intérêt du traitement à tous les stades de la maladie. Une étude rétrospective américaine, portant sur plusieurs milliers de patients apporte des précisions quant aux modalités associées à un résultat clinique favorable. Elle se penche plus précisément sur le taux et le délai d’injection des anticorps de patients convalescents.

Méthodologie

Cette étude rétrospective a été menée à partir des données du registre américain des patients hospitalisés pour COVID-19. Tous les patients de 18 ans et présentant au moins un facteur de risque de développer une forme sévère de la maladie ont été extraits du registre afin d’analyser la mortalité à 30 jours chez ceux ayant reçu une injection. Les données ont été comparées entre ceux ayant reçu un taux élevé, moyen ou faible d’anticorps IgG anti-SARS-CoV-2 (déterminé selon l’intensité du signal lors du test d’immuno-essai par chimiluminescence au contact de la protéine virale Spike).

Principaux résultats

Parmi les 3.082 patients inclus dans l’analyse (61% d’hommes, 69% de moins de 70 ans), on comptait 26,9% de patients décédés dans les 30 jours, avec un taux plus élevé parmi ceux qui avaient reçu un faible taux d’IgG, la mortalité à 30 jours étant de 29,6%, 27,4% et 22,3% respectivement dans les groupes de patients ayant reçu un taux faible, moyen ou élevé d’anticorps.

Ainsi, le risque relatif de décès à 30 jours était de 0,75 pour les patients du groupe taux élevé vs le groupe taux faible [0,61-0,93]. Ces résultats étaient confirmés par l’analyse menée après deux types d’ajustement différent (données sociodémographiques seules, ou complétées par plusieurs paramètres cliniques) : le risque relatif était alors de 0,79 [0,65-0,96] et 0,82 [0,67-1,00].

L’analyse menée en sous-groupe a également montré que le résultat clinique était différent selon les modalités de mise en œuvre de la ventilation mécanique, qui avait été utilisée après l’injection pour deux tiers des patients. En effet, après ajustement complet, le risque relatif de décès à 30 jours était plus faible dans le groupe ayant reçu un taux élevé d’anticorps que dans le groupe taux faible lorsque la ventilation mécanique n’avait pas été mise en œuvre avant la transfusion (risque relatif 0,66 [0,48 -0,91]). En revanche, aucune différence n’était observée entre les trois groupes lorsque l’analyse était limitée aux patients ayant reçu une ventilation mécanique avant la transfusion.

Enfin, une analyse exploratoire suggère que l’administration du plasma convalescent 4 jours ou plus après le diagnostic était associée à un risque supérieur de décès par rapport à une administration plus précoce (risque relatif 1,18 [1,04-1,35]).