COVID-19 : conseils pour patients diabétiques

  • Gupta R & al.
  • Diabetes Metab Syndr
  • 10 mars 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les patients diabétiques étaient déjà des sujets considérés à risque en cas d’infection lors de l’épidémie de grippe H1N1, du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS-CoV1) et du coronavirus lié au syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV). Il en est de même aujourd’hui avec la pandémie de COVID-19. À travers un article de la revue Diabetes & Metabolic Syndrome : Clinical Research & Reviews,une équipe indienne expose ses « considérations cliniques pour les patients diabétiques ». Elle rappelle que le « risque peut être réduit, mais pas complètement éliminé par un bon contrôle de la glycémie ». Point sur lequel la Société Francophone du Diabète (SFD) a également insisté récemment.

Les sujets diabétiques sont-ils vraiment plus à risque ?

Un rapport portant sur 72.314 cas de COVID-19, publié par le Chinese Centre for Disease Control and Preventiona montré une augmentation de la mortalité chez les sujets diabétiques (7,3% versus2,3% pour l’ensemble de la population).

La coexistence d’une maladie cardiaque, rénale, d’un âge avancé ou d’une fragilité sont autant de facteurs susceptibles d’aggraver le développement de l’infection à COVID-19. 

Que préconisent les auteurs ?

  • Le maintien d’un bon contrôle glycémique est important car il pourrait contribuer à réduire le risque d’infection ainsi que sa gravité. Ce bon contrôle peut également réduire le risque de pneumopathie par surinfection bactérienne.
  • Un contrôle plus fréquent des taux de glycémie (par automesure) est nécessaire.
  • En cas d’atteinte cardiaque et/ou rénale concomitante, il est important de stabiliser les paramètres cliniques et biologiques associés. 
  • Une attention particulière doit être portée à la nutrition, avec un apport suffisant en protéines et la prise en compte des carences en sels minéraux et vitamines. 
  • Tout en évitant les contacts, il est démontré que la pratique d’une activité physique améliore l’immunité. 
  • Bien qu’il n’y ait pas de données, spécifiques, la vaccination contre la grippe et la pneumonie est recommandée pour éviter les surinfections bactériennes.
  • Les mesures préventives qui concernent toute la population doivent être encouragées : lavage régulier des mains à l’eau et au savon ou utilisation de gel hydro-alcoolique ; tousser ou éternuer dans son coude ou un mouchoir en papier que l’on jette ; réduire au maximum les contacts avec les personnes affectées et utiliser un masque facial en cas de contact avec une personne présentant des symptômes respiratoires ; éviter les déplacements non essentiels. 
  • En cas de fièvre, toux, écoulement nasal, dyspnée, un patient diabétique doit en informer son médecin car les tests ne sont pas disponibles partout. Une personne diabétique infectée doit être isolée 14 jours ou jusqu’à disparition des symptômes. Les directives de chaque pays doivent être suivies.
  • La majorité des patients présente une forme légère de la maladie qui peut être prise en charge à domicile par paracétamol et hydratation.

Cas particulier de patients diabétiques de type 1

  • En cas de fièvre avec hyperglycémies, ces sujets doivent mesurer fréquemment leur glycémie et cétones urinaires. Une surveillance renforcée de la glycémie est également nécessaire ainsi que parfois un ajustement des traitements. 

Chez les sujets hospitalisés

  • En cas de pathologie grave, une surveillance fréquente de la glycémie est recommandée.
  • Les traitements hypoglycémiants qui peuvent causer une déplétion ou un épisode d’hypoglycémie devraient être évités. Il peut être nécessaire de diminuer la dose de certains traitements.
  • En cas d’hospitalisation pour forme grave, les traitements oraux – en particulier la metformine et les inhibiteurs du SGLT2 doivent être arrêtés. L’insuline est le traitement à utiliser de manière préférentielle dans cette circonstance.

Si les auteurs évoquent certains traitements utilisés de manière anecdotique ils rappellent qu’aucun n’est validé à ce jour pour la prise en charge du COVID-19.