COVID-19 : comment organiser la reprise des traitements et des dépistages en oncologie ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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L’épidémie actuelle a contraint la filière oncologique à adapter son mode de fonctionnement, notamment pour protéger les patients atteints de cancers qui ont un risque plus important de développer une forme sévère de COVID-19. Ainsi, les soins non urgents ont pu être limités et certaines opérations et examens reportés, notamment dans les régions les plus sévèrement touchées par le virus. L’Institut national du cancer (INCa), en lien avec la Direction générale de la santé (DGS), la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) et l’ensemble des acteurs de terrain souhaite désormais favoriser une reprise rapide des soins interrompus.

Objectif : pas de perte de chance pour les patients !

L’INCa propose un plan de reprise progressive des soins interrompus ayant pour objectif de continuer à éviter les pertes de chance pour les patients tout en prenant en compte le surcroît d’activité temporaire des professionnels de santé et en garantissant le même niveau de sécurité et de qualité des soins alors que le virus circule toujours.

Prise en compte des disparités régionales et locales

La reprise progressive des activités en cancérologie doit être adaptée selon une analyse régionale et locale de la situation. En effet, l’ampleur des soins devant être reprogrammés ainsi que la capacité des services et de l’ensemble des professionnels de santé à absorber ce retard, en plus de l’activité normale, ne sont pas les mêmes partout.

Création d’un groupe de pilotage national

Un groupe de pilotage national animé par l’INCa a été mis en place. Il se réunit en visio-conférence une fois par semaine afin de :

  • Valoriser les organisations régionales exemplaires et faciliter leur diffusion.
  • Identifier les difficultés et proposer des solutions, y compris par la solidarité et le transfert d’activités entre les territoires et les régions.
  • Assurer le partage des données recueillies et des informations utiles.
  • Élaborer des préconisations organisationnelles évolutives en lien avec les autres filières de soins.
  • Transmettre les informations recueillies aux structures en charge d’émettre des recommandations pour la reprise d’activité de traitement des pathologies non-COVID.
  • Émettre des informations à destination des sociétés savantes pour leur permettre d’adapter leurs recommandations.

Il est également préconisé de mettre en place des comités régionaux voire locaux afin d’assurer un suivi et un pilotage au plus près des situations des patients et des établissements.

Reprise des dépistages organisés

Les invitations aux dépistages organisés des cancers (sein, colorectal et col de l’utérus) ont été suspendues pendant la période de confinement. Sur avis de l’Institut national du cancer, la Direction générale de la santé a émis plusieurs recommandations pour une reprise progressive de l’activité des centres de dépistage :

  • Reprendre les courriers d’invitation et de relance qui doivent être envoyés avant le 15 juin 2020.
  • Reprendre l'ensemble des activités dans un délai de 3 mois à compter de la validation d’un plan de reprise d'activité.
  • Organiser un pilotage régional, sous l’égide de l’Agence régionale de santé, ayant pour objectif la priorisation des activités et l’établissement d’une stratégie de rattrapage.
  • Reprendre les activités de dépistage en commençant par les personnes considérées comme prioritaires.
  • Adapter le plan de reprise aux spécificités de chaque dépistage. Par exemple, pour le dépistage du cancer du sein, le redémarrage des centres d’imagerie médicale est essentiel. Pour le dépistage du cancer colorectal, les envois des tests sont conditionnés au bon fonctionnement des services postaux.

Les centres régionaux de coordination du dépistage des cancers informeront les professionnels de santé des modalités de reprise des dépistages afin qu’ils puissent conseiller leurs patients et les orienter. Un standard téléphonique destiné aux professionnels de santé mais aussi à la population pourra être mis en place.