COVID-19 : combien de patients ont des séquelles pulmonaires à 6 mois post-hospitalisation ?

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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SISCOVID est une étude française qui apporte de nouvelles données concernant les complications pulmonaires post-COVID-19.

À retenir

Six mois après hospitalisation pour COVID-19, les atteintes pulmonaires seraient conséquentes :

  • 40% auraient des opacités de type fibrotique,
  • 20% auraient une réduction de leurs capacités ventilatoires et de diffusion des gaz,
  • 35% auraient une désaturation au test de marche de 6 minutes.

Ces données soulignent la nécessité d’un suivi à long terme de ces patients.

Méthodologie

Cette étude multicentrique interventionnelle a évalué l’atteinte pulmonaire 3 et 6 mois après la sortie d’hospitalisation de patients guéris de la COVID-19. Douze centres de soins français ont participé à l’étude. Les patients inclus devaient être indemnes d’antécédents pulmonaires chroniques avant l’infection par SARS-CoV-2. L’évaluation était basée sur un examen clinique, des tests fonctionnels et un scanner thoracique.

Principaux résultats

Sur les 320 sujets inclus (âge moyen 62 ans, 64,1% d’hommes, 79,3% de sujets en surpoids-indice de masse corporelle (IMC) >25kg/m2), 205 ayant eu une COVID-19 sévère ont été hospitalisés en unité de soins intensifs et ont nécessité la pose d’une canule nasale, une ventilation non invasive ou une ventilation mécanique invasive. Le délai moyen entre la sortie hospitalière et la 1ère et 2ème visite était respectivement de 98 et 194 jours. Dans 88,2% des cas, la COVID-19 a été confirmée par test PCR et pour 11,8% par signes cliniques et scanner pulmonaire. Les patients les plus sévèrement atteints étaient plus susceptibles d’être des hommes (69,8%) et sont restés hospitalisés plus longtemps que les autres (durée médiane du séjour hospitalier 34 jours versus 11 jours).

À 6 mois, plus de la moitié des individus inclus (54,1%) présentaient une dyspnée persistante (échelle MRCm - Medical Research Council modifiée ≥1), et 3,9% une dyspnée sévère persistante (MRCm ≤3). Une altération de la capacité de diffusion du monoxyde de carbone (DLCO<80%) a été constatée chez 68% des patients atteints d’uneCOVID-19 sévère et 20,1% présentaient même une altération sévère (DLCO<60%). Toujours à 6 mois, sur l’ensemble de la population, 14,8% étaient toujours en hypoxie (PaO2 ≤70 mmHg). Plus d’un tiers (34,6%) avaient une désaturation persistante et significative, malgré de bonnes performances physiques. Au global, 21,6% des patients avaient une insuffisance respiratoire restrictive à 6 mois. Le fait d’avoir eu une forme sévère de COVID-19 et d’être un homme étaient des facteurs de risque indépendants associés au fait d’avoir une insuffisance respiratoire restrictive à 6 mois (Odds ratio (OR) 5,22 [2,18-14,66] et 2,53 [1,09-6,52] respectivement). 

Un scanner thoracique a été réalisé chez 179 patients à 6 mois. Des anomalies pulmonaires ont été retrouvées chez 80,2% d’entre eux. Une atteinte de type fibrotique a concerné 40% des individus. Entre les deux consultations (3 mois et 6 mois), la prévalence des dommages pulmonaires n’a que faiblement diminué passant de 87% à 81%.