COVID-19 : certains compléments alimentaires pourraient perturber la réponse immunitaire


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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Des évènements indésirables graves liés à l’utilisation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ayant été signalés chez des patients atteints ou suspects de COVID-19, la prise de ce type d’anti-inflammatoires est proscrite pour traiter des symptômes pouvant être liés à une infection par le SARS-CoV-2. Certains pourraient alors être tentés de recourir à des solutions « naturelles », perçues comme sans danger, telles que les compléments alimentaires contenant des plantes réputées pour leurs propriétés anti-inflammatoires. C’est pourquoi l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) a émis un avis mettant en garde contre la consommation de certains compléments alimentaires en cette période épidémique.

Les experts de l’ANSES estiment que certaines plantes sont susceptibles de perturber la réponse immunitaire et la réaction inflammatoire, utiles pour lutter contre les infections, notamment contre le COVID-19. En effet, il est important de rappeler que l’inflammation est un processus naturel de défense qui ne doit être combattu que s’il devient excessif.

Au vu des données disponibles, il ne peut être exclu que la consommation de plantes ayant des propriétés anti-inflammatoires ou immunomodulatrices puisse entraver les défenses naturelles vis-à-vis du SARS-CoV-2. Plusieurs plantes ont été identifiées comme pouvant potentiellement présenter des effets contre-productifs dans la défense contre ce coronavirus :

  • Plantes contenant des dérivés de l’acide salicylique (analogues de l’aspirine) : saule, reine des prés, bouleau, peuplier, verge d’or, polygalas.
  • Plantes contenant d’autres anti-inflammatoires végétaux : harpagophytum, échinacées, curcuma, griffe du chat (appelée aussi liane du Pérou), plantes des genres Boswellia et Commiphora (connues pour leurs gommes-oléorésines appelées respectivement « encens » et « myrrhe »).

Il est donc recommandé aux personnes consommant des compléments alimentaires contenant des plantes pouvant interférer avec la réponse immunitaire et inflammatoire de :

  • Prendre l’avis d’un professionnel de santé si cette consommation est liée à une pathologie inflammatoire chronique, afin d’évaluer la pertinence de la poursuivre ou non,
  • Arrêter immédiatement cette consommation en cas d’apparition de symptômes évocateurs du COVID-19 si celle-ci était faite dans un but préventif,
  • Éviter de multiplier les sources d’exposition à ces plantes.