COVID-19 : caractéristiques et facteurs de risque des sujets atteints de trisomie-21

  • Hüls A & al.
  • EClinicalMedicine

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une étude internationale portant sur plus de 1.000 individus atteints de trisomie 21 et infectés par le SARS-CoV-2 met en évidence que ces sujets sont plus à risque d’hospitalisation et de décès que la population générale. En dehors des symptômes classiques, confusion et troubles de la conscience sont plus souvent retrouvés chez ces sujets à l’hospitalisation. Ces résultats mettent en évidence la nécessité de renforcer les précautions pour cette population dont l’immunité est fortement altérée et en particulier pour les individus âgés de 40 ans et plus.

Méthodologie

L’étude Trisomy 21 Research Society (T21RS) est une étude internationale portant sur des sujets atteints de trisomie 21 (Syndrome de Down) et de COVID-19. Les données ont été recueillies entre avril et octobre 2020 via internet auprès de médecins et d’aidants de sujets atteints de trisomie 21. Ces données ont été comparées à celles d’autres patients hospitalisés pour COVID-19, mais non atteints de trisomie 21 (étude UK ISARIC4C).

Résultats

Au total, 1.046 sujets ont été inclus dans les analyses. L’âge moyen était de 29 ans. Neuf sujets sur dix avaient des symptômes (94,5%). La majorité des individus atteints de trisomie 21 (73%) vivaient dans leur famille. Environ la moitié des individus avaient été hospitalisés pour cause de COVID-19 (56%). Parmi eux, 50% avaient été admis en unité de soins intensifs et 29% avaient nécessité le recours à une ventilation mécanique.

Les principaux symptômes des sujets atteints de trisomie et infectés par le SARS-CoV-2 étaient similaires à la population générale, à savoir fièvre, toux et dyspnée. Si les douleurs musculo-squelettiques, les vomissements et les nausées étaient significativement moins fréquents chez ces sujets par rapport à la population générale, en revanche, les troubles de la conscience et les états confusionnels étaient plus souvent mentionnés, ainsi que la perte d’appétit et l’extrême fatigue, notamment chez les plus de 40 ans.

Le sexe masculin, l’obésité, le diabète et l’atteinte cardiaque congénitale étaient des facteurs de risque d’hospitalisation chez ces sujets atteints de trisomie 21 , et le sexe masculin et la présence d’une démence ou d’une maladie d’Alzheimer représentaient des facteurs de risque de mortalité.

Chaque décennie supplémentaire augmentait le risque d’hospitalisation de 75% et faisait plus que doubler le risque de décès. Par rapport aux sujets non atteints de trisomie 21, le risque de mortalité est multiplié par un facteur 3,5 à partir de 40 ans, et 2,9 après ajustement sur les facteurs de risque de mortalité connus de COVID-19.