COVID-19 : au CHU d'Angers, les soignants mobilisent leurs forces

  • Véronique Duqueroy, Medscape
  • Dr Dominique Savary
  • 22 mars 2020

  • Actualités Médicales par Medscape
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Medscape : Combien de patients Covid-19 recevez-vous actuellement dans votre service d’urgence ?

Dr Savary : Aujourd’hui, 80% des patients que nous accueillons aux urgences sont des cas suspects de Covid-19 ; en moyenne 5% d’entre eux s’avèrent positifs. Globalement nous recevons moins de patients que d’habitude (120 versus 165 par jour avant l’épidémie). On observe le même phénomène dans toute la région, les gens semblent suivre les consignes de ne pas se présenter aux urgences sauf en cas de nécessité absolue. En revanche, la charge de travail est beaucoup plus importante puisqu’il nous faut appliquer les mesures de protection des personnels soignants, mais aussi de nettoyage des locaux où sont passés les malades.  

Ces mesures de protection vous semblent-elles suffisantes pour assurer votre sécurité et celle de vos collègues?

Nous possédons déjà une formation AFGSU spécialisée en médecine de catastrophe, dispensée par les centres de formation des SAMU, et notamment sur l’habillage et le déshabillage en cas de pathologies infectieuses. Mais dès janvier, quand nous avons vu ce qui arrivait, nous avons décidé de nous y remettre, et tout le monde a repris des séances de formation. Et le gouvernement a fourni des outils de e-learning pour le personnel. Nous nous sommes donc préparés.

Comment prenez-vous en charge les patients non-COVID dans ce contexte épidémique?

Les urgences sont maintenant séparées en deux, avec une entrée dédiée au Covid et une autre pour les patients « classiques ». On a donc deux groupes de soignants, les uns habillés de la tête aux pieds toute la journée, et les autres qui travaillent comme d’habitude. Nous continuons à préparer les locaux, à mettre des tentes à l’entrée des urgences… Nous rognons sur les services d’à côté pour avoir plus de surface.

Avez-vous fait appel à d’autres soignants (étudiants, médecins retraités…) pour parer au manque d’effectif, comme on a pu le voir dans d’autres pays? 

Sur le Maine-et-Loire, on a réussi à mettre en œuvre – et je pense que c’est assez unique – des centres de consultation de médecine générale qui sont dédiés au Covid-19 (28 points sur tout le département). Donc les généralistes sont sortis de leur cabinet et pratiquent dans des cabinets dédiés dans lesquels ils peuvent appliquer les mêmes mesures de protection que nous. Avec des infectiologues, nous avons formé ces généralistes, de l’habillage au diagnostic. Comme nous sommes un centre universitaire, nous avons, en même temps, formé des étudiants. Les externes nous aident à gérer le flux de patients. Quant aux retraités ou aux médecins volontaires, ils nous aident en régulation. Notre activité au centre 15 a en effet quadruplé, donc nous avons eu très vite besoin d’aide pour décrocher les appels. Depuis la mise en place du numéro vert, les choses se sont un peu tassées, nous sommes désormais à environ 2-3 fois le flux habituel.

 

Retrouvez la suite de cet entretien de Véronique Duqueroy avec le Dr Savary sur Medscape.