Couches à usage unique : un risque possible pour la santé des bébés


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Au cours de leurs trois premières années de vie, la plupart des bébés portent des couches à usage unique, ce qui représente environ 4.000 couches utilisées par enfant. L’ANSES a été saisie par la DGS (Direction générale de la santé), la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) et la DGPR (Direction générale de la prévention des risques) pour évaluer les risques associés aux substances chimiques présentes dans ces couches. Ce travail est le premier de ce genre réalisé dans le monde.

Les experts de l’Agence ont travaillé entre 2016 et 2018 à partir des analyses et essais menés par le Service commun des laboratoires et l’Institut national de la consommation sur plusieurs références représentatives du marché français. Ils ont ainsi mis en évidence plusieurs substances chimiques dangereuses pouvant migrer dans les urines et entrer en contact prolongé avec la peau des bébés. Certaines sont ajoutées intentionnellement (parfums), d’autres proviennent de matières premières contaminées ou de procédés de fabrication.

Aucune donnée épidémiologique ne permet de mettre en évidence des effets sur la santé liés au port de couches. Mais les analyses ont montré des dépassements de seuils sanitaires pour plusieurs substances : parfumantes (butylphényl méthyle propional ou lilial®, hydroxyisohexyl 3-cyclohexène carboxaldéhyde ou lyral®), certains hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), le PCB-126, la somme des PCB-DL et la somme des dioxines, furanes et PCB-DL. Il n’est donc pas possible d’exclure l’existence d’un risque lié au port de couches à usage unique.

En conséquence, l’Agence émet trois types de recommandations. À destination des industriels, elle recommande la suppression de toutes les substances parfumantes, notamment celles susceptibles de présenter des effets sensibilisants cutanés, le contrôle des matières premières naturelles avant leur entrée dans le processus de fabrication et l’amélioration de ceux-ci. À destination des pouvoirs publics, elle préconise le renforcement du contrôle des substances chimiques dans les couches jetables, « afin de s’assurer que les industriels ont revu leurs pratiques de fabrication. » Enfin, elle insiste sur la nécessité de mesures réglementaires plus restrictives au niveau national comme au niveau européen, dans le cadre du règlement REACh.