Corticothérapie prolongée : recommandez-vous les mesures adjuvantes les plus pertinentes ?

  • Six M & al.
  • Rev Med Interne
  • 1 juil. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une enquête menée auprès de plus de 800 patients français sous corticothérapie systémique prolongée (≥3 mois) montre que les mesures adjuvantes recommandées dans ce contexte ne sont pas suffisamment prescrites par leur médecin. À l’inverse, d’autres, dont l’intérêt est moins ou non démontré, sont plus souvent évoquées. Ces différentes mesures adjuvantes sont diversement préconisées selon la spécialité du praticien.

Des mesures dont le bénéfice clinique n’est pas toujours démontré

Ce travail décrit que la prescription des mesures associées aux corticoïdes systémiques est encore mal codifiée. Les auteurs soulignent que certaines mesures, comme le régime hyposodé, sont sans doute inutiles pour une partie des patients, alors qu’elles sont assez largement prescrites dans cette étude ; à l’inverse, les vaccinations anti-pneumococcique et antigrippale ne sont pas systématisées, alors que les patients sous corticothérapie prolongée sont décrits comme ayant un fort sur-risque infectieux. Les régimes restrictifs, notamment hyposodés et hypoglucidiques, apportent des bénéfices limités voire inexistants : les auteurs suggèrent donc qu’au lieu de leur prescription systématique, une prescription au cas par cas soit envisagée, remplacée par une surveillance des sujets à risque et des paramètres biologiques et cliniques permettant d’adapter la diététique si nécessaire.

Principaux résultats

  • L’enquête transversale a été menée en ligne auprès des utilisateurs du site cortisone-info.fr. Après une présentation succincte de l’étude, les internautes étaient invités à répondre à 29 questions concernant leurs caractéristiques, la prescription de corticoïdes et leur indication, la spécialité du prescripteur, les mesures adjuvantes qui leur avaient été recommandées par leur médecin et celles qu’ils jugeaient les plus contraignantes à suivre.
  • Au total, les données de 843 patients ont pu être compilées pour analyse (70,6% de femmes, âge moyen 59 ans). La corticothérapie était orale dans 95% des cas, sachant que 88,7% des patients recevaient de la prednisone ou prednisolone. La posologie médiane quotidienne était de 12,5 mg/j. Elle avait été prescrite par un rhumatologue le plus souvent (30,5%), puis par un interniste ou un médecin généraliste dans 17,3% et dans 15,2% des cas.
  • Les mesures les plus fréquemment prescrites étaient le régime hyposodé, l’exercice physique et la supplémentation vitaminocalcique (respectivement 77,0%, 64,1% et 61,5%), tandis que les vaccinations antigrippale et anti-pneumococcique avaient été prescrites à 26,6% et 48,6% des répondants. Pour les seuls patients dont le prescripteur était généraliste, ces chiffres étaient de 67,2%, 54,7%, 46,1% ainsi que de 11,7 et 36,7% respectivement.
  • Selon le déclaratif des patients, les mesures adjuvantes considérées comme étant les plus difficiles à suivre étaient le régime hyposodé et le régime pauvre en glucides (pour un tiers des répondants dans les deux cas), ce dernier étant prescrit dans 59,6% des cas.

Limitations

Cette étude est issue du déclaratif patient, ce qui induit un risque potentiel d’erreur sur l’identité du prescripteur de chaque mesure (pour ceux dont la corticothérapie est suivie parallèlement par un spécialiste et un MG), ainsi qu’une incertitude sur l’indication de chacune de ces mesures (en lien ou non avec la corticothérapie).