Corticothérapie au long cours à forte dose : où en est-on en France ?


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Cette étude de large envergure portant sur un échantillon représentatif de la population générale française montre que la prévalence de la corticothérapie au long cours à dose >7,5 mg/j, est de 0,8%. La dose médiane de corticoïdes était de 11,9 mg/j pour les cas incidents et de 11,3 mg/j pour les cas prévalent, reflet d'une très faible modification dans le temps. Notons que la pathologie la plus fréquemment identifiée par l’étude comme nécessitant une corticothérapie au long cours était la polyarthrite rhumatoïde (PR), ce qui diffère des données de la littérature où ce sont le plus souvent l’asthme et la BPCO qui ressortent en tête. Mais certaines pathologies ont pu être sous-estimées. 

Pourquoi est-ce important ?

Il s’agit de la première étude menée en France sur un large échantillon et initiée après la commercialisation des biothérapies. Alors que l’on aurait pu s’attendre à une épargne cortisonique avec l’utilisation de ces traitements, il s’avère que la prévalence globale observée reste similaire à celle observée avant l’arrivée de ces traitements. Or la corticothérapie au long cours à forte dose est pourvoyeuse de comorbidités importantes dont il faut prévenir l’apparition en pratique courante.

Principaux résultats

Au total, plus de 32.000 patients avaient une corticothérapie au long cours, soit une prévalence de 0,8% sur l’ensemble de la population étudiée qui comprenait 4,1 millions de personnes. L’incidence était de 2,3/1.000 habitants/an.

L’âge médian était de 62 ans pour les sujets prévalents et de 57 ans pour les sujets incidents. La dose médiane de corticoïdes en équivalent prednisone, était de 11,9 mg/j pour les cas incidents et de 11,3 mg pour les cas prévalents. Six sujets sur 10 n’ont reçu qu’une seule spécialité de corticoïdes durant le suivi, 63,5% de l’ensemble des patients prenaient de la prednisolone et 32,7% de la prednisone. La durée médiane de la corticothérapie (disponible pour les cas incidents seulement) était de 206 jours.

Dans 23,4% des cas, les prescriptions émanaient de médecins hospitaliers (sans précision disponible de leur spécialité), et parmi les 76,6% des cas issus de médecins libéraux, 72,0% provenaient des MG, 6,7% des rhumatologues, 3,1% des pneumologues, 2,5% des oncologues, 2,0% des gastro-entérologues et 1,0% des internistes.

L’indication en lien avec la prescription n’était disponible que pour 22,9% des patients sous corticothérapie au long cours : les patients pouvaient bénéficier de plusieurs ALD. La polyarthrite rhumatoïde (PR) représentait l’ALD la plus fréquente (19,3%), puis pour 13,2% des cas, l’ALD concernait des pathologies en lien avec la médecine interne (connectivite, pseudo-polyarthrite rhizomélique, Horton, ….), l’asthme (10,2%) et les maladies inflammatoires digestives (8,0%).

Méthodologie

Les données de sujets de 15 ans ou plus assurés affiliés au régime général des travailleurs salariés de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) et Corse, ayant bénéficié entre le 1erseptembre 2009 et le 31 août 2011 d’au moins deux délivrances de corticoïdes oraux ont été sélectionnées. La corticothérapie au long cours était définie par une prise d’équivalent prednisone >7,5 mg/j durant 90 jours. La population a été divisée en deux groupes : les cas incidents et les cas prévalents. 

Principales limitations

Le fait de ne prendre en considération que les doses supérieures à 7,5 mg/j peut expliquer la dose médiane élevée. Par ailleurs, il existe forcément une différence entre les doses prescrites et celles vraiment prises par les patients.