Coronavirus : point de situation au 17 février


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Le nouveau coronavirus, baptisé transitoirement 2019-nCoV, a été officiellement dénommé SARS-CoV-2 par l’ICTV ( International committee for taxonomy of viruses ) le 11 février dernier, tandis que le même jour, l’OMS donnait à la maladie le nom officiel de COVID-19 . Situation épidémiologique internationale et française, incidence de l'épidémie sur l'approvisionnement en médicaments, organisation européenne face aux risques épidémiques, essais cliniques dédiés...  Résumé de l'actualité du SARS-CoV2 des sept derniers jours en 5 point clés.

1- Bond des chiffres mondiaux

Le nombre de cas de personnes souffrant de COVID-19 a bondi le 13 février dernier, avec une augmentation de près de 15.000 cas en une seule journée, soit  presqu’un tiers du nombre total de cas diagnostiqués jusqu’à présent. Cette évolution est liée à une modification des critères diagnostiques : alors que les cas étaient jusque là confirmés par les tests PCR, imposant un délai d’interprétation, ils ont été dès le 12 février ouverts aux formes clinico-radiologiques évocatrices de l’infection.

Ainsi, ce lundi 17 février, 71.335 cas ont été diagnostiqués depuis le début de l’épidémie, dont 70.552 cas en Chine. Le SARS-CoV2 a causé 1.770 décès, dont 1.696 dans la seule province de Hubei, 5 décès ayant été rapportés en dehors de la Chine.

Le second plus important cluster se situe sur le paquebot Diamond Princess , immobilisé au Japon, et dont les passagers sont en quarantaine depuis le 3 février. Malgré les mesures de confinement des passagers dans leur cabine, 355 cas ont été identifiés parmi les 3.600 passagers et membres d’équipage, alors que seuls 64 avaient été notifiés en début de semaine dernière. Outre l’hospitalisation des cas diagnostiqués, plusieurs pays ont décidé le rapatriement avec mise en quarantaine de leurs ressortissants. On compte 4 français à bord, dont un cas positif.

Au niveau mondial, tous les continents sont désormais touchés, le premier cas sur le continent africain ayant été diagnostiqué en Egypte le 15 février dernier. Ce dernier cas est particulièrement préoccupant dans une région où les systèmes de santé sont extrêmement vulnérables.

Les chiffres de l’épidémie en temps réel.

2- France : une situation potentiellement épidémique

La semaine dernière, un sixième cas a été identifié parmi les personnes hospitalisées dans le cadre de la contamination groupée détectée en Haute-Savoie, le 7 février. Ainsi, 12 cas ont été au total diagnostiqués sur le territoire français depuis le début de l’épidémie. Quatre, guéris, ne sont plus hospitalisés, dont le médecin qui était infecté et pris en charge à l’hôpital Pitié-Salpétrière (Paris). On compte encore 6 personnes hospitalisées ne donnant pas d’inquiétude. Le SARS-CoV2 aura en revanche causé la mort du ressortissant chinois âgé de 80 ans et qui avait été hospitalisé à Paris fin janvier.

La surveillance des cas de COVID-19 a été renforcée le 10 janvier 2020 avec une démarche d’investigation et une procédure de suivi adaptée au niveau de risque d'infection évalué. Les équipes concernées par les premiers cas parisiens et bordelais, en association avec Santé Publique France et l’institut Pasteur, ont publié un article décrivant la mise en œuvre en temps réel de ce dispositif de surveillance pour les trois premiers cas importés en France.

Lors du point de situation du 13 février, Agnès Buzyn a évoqué une situation potentiellement épidémique : “ Il nous faut préparer notre système de santé à faire face à une éventuelle diffusion pandémique du virus, à une circulation du virus sur le territoire national ” et a énuméré les démarches initiées au niveau européen afin de renforcer la coordination concernant la détection des cas, la communication, l’entrée dans l’union européenne, le suivi épidémiologique et la mise à disposition d’équipements individuel de protection.

Une évaluation de la capacité diagnostique dans des laboratoires spécialisés de 30 pays de l'Union européenne/Espace économique européen a établi que 38 laboratoires issus de 24 pays disposaient des tests diagnostiques fin janvier et qu’une couverture était attendue dans l’ensemble des pays à la mi-février.

3- Approvisionnement en médicaments et stigmatisation : la réaction des académies de Pharmacie et de Médecine

Le 12 février, l’Académie de Pharmacie a publié un communiqué de presse appelant à une relocalisation de la production de certaines matières premières indispensables aux médicaments nécessaires à la santé publique. Des recommandations qu’elle a formulé plusieurs fois depuis 2011 et que la crise sanitaire représentée par le nouveau coronavirus rend à nouveau d’actualité. Ce risque a été évoqué par Agnès Buzyn le 13 février lors de son point de situation quotidien sur l’épidémie : « J’ai demandé au niveau national à ce que soit lancée par l’ANSM une analyse de risque afin d’identifier dès à présent toutes les ruptures possibles d’approvisionnement en médicaments lorsqu’il y a un lien avec la Chine. Au niveau européen, cela va être réalisé en parallèle par l’EMA et le Comité de sécurité sanitaire. »

De son côté, l’Académie nationale de médecine rappelle que malgré l’inquiétude engendrée par la menace épidémique, il est important « de relativiser », les chiffres évoqués devant être mis en parallèle avec le nombre d’habitants et la densité de la population en Chine. Dans son communiqué en date du 12 février , elle réaffirme son soutien et sa confiance dans la gestion de la situation par l’Organisation Mondiale de la Santé et les autorités sanitaires françaises. Elle y condamne parallèlement la diffusion de rumeurs et la stigmatisation de certaines populations.  

4- Plus de 80 essais cliniques déjà lancés

Lors du Forum international organisé par l'OMS le 11 et 12 février dernier à Genève (Suisse), les responsables de l'Organisation ont fixé les priorités que la recherche doit adopter pour un meilleur contrôle de l'épidémie, notamment en termes diagnostiques et thérapeutiques. Ainsi, quatre candidats vaccins sont actuellement en développement et pourraient faire l’objet d’essais cliniques d’ici 3 mois.

Un article paru dans Nature évoque, lui, près de 80 essais cliniques initiés en Chine évaluant l’efficacité de traitements issus de la médecine traditionnelle chinoise, d’injections de cellules souches ou de plusieurs médicaments comme la chloroquine ou certains antirétroviraux anti-VIH.

5- Une période d’incubation plus longue ?

Une description clinique rétrospective des 1.099 premiers cas a été publiée sur le site www.medrxiv.org , site de pré-publication en ligne non relu par les pairs. Il rapporte des éléments, qui devront être confirmés : d’une part, si la période d'incubation médiane était de 3,0 jours, elle pourrait aller jusque 24,0 jours. Par ailleurs, 4 échantillons de selles ont été testés positifs au SARS-CoV2 parmi les 62 testés (6,5%). Les auteurs évoquent également la possibilité d’une transmission par objets contaminés.