Coronavirus : 285 cas en France, près de 100.000 dans le monde


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Aujourd’hui, la France est toujours au stade 2 de l’épidémie, avec 285 cas confirmés sur l’ensemble de son territoire depuis le début de l’épidémie et 73 cas supplémentaires ces dernières 24 heures. Au total, le Covid-19 a causé 4 décès, dont le dernier s’est produit mardi chez une personne de 92 ans dans le Morbihan, chez laquelle le diagnostic a été posé post-mortem. Le nombre de guérisons est de 12 et 15 patients sont toujours en réanimation.

Les trois quarts des cas confirmés en France sont expliqués :

- 72 sont liés à une chaîne de transmission ou à un regroupement.

- 52 sont liés à un séjour à l’étranger dans une zone d’exposition à risque.

- 65 cas sont pour l’heure sans exposition identifiée.

Les 4 principaux regroupements de cas concernent l’Oise avec 99 cas confirmés et aujourd’hui répartis dans 8 régions, la Haute-Savoie, avec 30 cas, le Morbihan, avec 14 cas autour de 3 principales communes (Auray, Carnac, Crac’h) touchées depuis le 2 mars, et enfin le Haut-Rhin avec 10 cas confirmés dont 5 dans une même famille, liés à un rassemblement religieux tenu à Mulhouse entre le 17 et le 24 février. Parallèlement, 11 cas concernent les personnes ayant participé à un voyage organisé en Egypte.

Au total, 13 régions sont touchées en France, dont 7 rassemblent au moins 10 cas (Hauts-de-France, Ile-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Franche Comté, Bretagne, Grand Est, Provence-Alpes-Côte d’Azur).

À l’international, l’épidémie de Covid-19 est responsable de 95.425 cas confirmés dans 86 pays ce 5 mars 2020 au matin (dont 53.299 guérisons). Ainsi, si la Chine rassemble plus de 80% des cas, avec 80.410 personnes touchées depuis fin décembre, le nombre de nouvelles infections recensées quotidiennement est supérieur à celui relevé en Chine depuis la fin janvier. Au niveau mondial, 3.286 décès sont comptabilisés. 

À l’exception de la Chine, trois autres pays sont dans une situation particulièrement préoccupante sur le plan épidémique : la Corée du Sud, l’Italie et l’Iran avec respectivement 5.766 cas, 3.089 cas et 2.922 cas. La sévérité des formes concernant ces deux derniers pays se pose, étant donné le nombre de décès particulièrement élevé qui sont liés au virus (107 en Italie et 92 en Iran).  La  situation iranienne serait par ailleurs bien plus sérieuse que les chiffres officiels selon différentes sources Enfin, en Europe, l’Allemagne et l’Espagne présentent à ce jour 262 et 222 cas.

Une analyse du génome issu de 103 échantillons prélevés en Chine et hors de Chine au mois de janvier, réalisée par des équipes chinoises, a permis d’identifier deux types de SRAS-CoV-2 circulants, le type L initialement plus prévalent que le type S, mais également associé à des formes plus sévères.

Les masques chirurgicaux et FFP2 sont équivalents

Les tensions concernant les équipements de protection individuelle (EPI) sont croissantes. Pour éviter une pénurie, un décret publié mercredi 4 mars vise à assurer l’accès prioritaire à ces masques aux professionnels de santé et aux patients cas confirmés de Covid-19, ainsi qu’à certaines personnes contacts et personnes identifiées comme vulnérables. Il impose la réquisition sur les trois prochains mois des stocks de masques de type FFP2 détenus par " toute personne morale de droit public ou de droit privé " ainsi que ceux de masques anti-projections. Par ailleurs, l’État a déstocké 15 millions de masques chirurgicaux issus de sa réserve nationale. Ils sont en cours de distribution sur le territoire français via les pharmacies d’officine. Les professionnels libéraux concernés doivent se présenter en officine avec leur carte professionnelle p résentant l eur numéro RPPS. « La déontologie et le civisme de chaque professionnel de santé doivent permettre à chaque professionnel de bénéficier de sa dotation » précise le courrier adressé par la Direction générale de la santé (DGS), qui souligne que « s elon les besoins, de nouveaux approvisionnements issus du stock État seront assurés afin de permettre aux professionnels de santé de disposer de ces équipements en quantités suffisantes. »

Par ailleurs, le courrier précise qu’en cas de contact avec une personne ayant des signes d’infection respiratoire, un professionnel de santé « pourra adopter le principe du double masque (soignant/soigné). En effet, en l’absence d’acte invasif, ce principe permet de limiter l’exposition des soignants aux gouttelettes potentiellement infectieuses du patient. »

Selon les consignes du Ministère de la santé, les masques FFP2 sont réservés « aux personnels hospitaliers, formés et en contact étroit et prolongé avec des cas confirmés et qui réalisent des gestes médicaux invasifs », tandis que les masques anti-projections chirurgicaux « permettent de réduire la diffusion des particules potentiellement infectieuses. » Le directeur de la DGS a insisté en rappelant que l’OMS, l’ECDC, la Société française d’hygiène hospitalière (SF2H) en reconnaissent l’efficacité, appuyés par une étude clinique randomisée parue dans le JAMA en septembre 2019 et ayant démontré l’équivalence de ces deux types d’EPI chez les professionnels de santé prenant en charge des patients souffrant de la grippe.

Le grand public, qui est de plus en plus enclins à s’approv isionner en masque, doit être informé que le port de ces dispositifs de protection individuelle n’est ni recommandé ni démontré comme efficace parmi la population non malade, hormis chez certains sujets contacts, déterminés par les professionnels de santé. Ce sont donc principalement les "mesures barrières" conventionnelles qui sont recommandées au grand public : lavage de mains régulier, éternuement dans son coude, mouchoirs à usage unique, limiter les sorties en cas de maladie, éviter les poignées de mains et autres gestes de politesse imposant un contact. Les professionnels et établissements de santé sont invités à apposer ces informations dans les espaces accueillant du public.

L’INRS propose une page rassemblant les questions fréquemment posées sur les différents masques de protection respiratoires, ainsi que les conseils de mise en place et d’ajustement : www.inrs.fr/risques/biologiques/faq-masque-protection-respiratoire.html

La SF2H propose une vidéo présentant la procédure d’habillage/déshabillage recommandée pour la prise en charge des patients et une procédure de vérification de la pose d’un masque FFP2 .

La question des risques cardiovasculaires et autres observations 

L’American College of Cardiology (ACC) s’est penché sur les spécificités et risques cardiaques associés à l’infection par le SARS-CoV-2, étant donné l’observation d’un retentissement cardiaque lié à l’infection virale, mais aussi le sur-risque associé aux atteintes cardiovasculaires sous-jacentes. L’association savante fait le point dans un document dédié sur la  prise en charge appropriée , établie en grande partie par analogie aux pandémies virales de même type.

La Société française de microbiologie, dans sa fiche de gestion des prélèvements biologiques, précise que les données françaises montrent la présence d’une virémie inconstante, exclusivement observée en cas de formes sévères (SDRA). Aucune virurie n’a été observée, tandis que la quantité de virus excrétée dans les selles peut être élevée.

Le Lancet Infectious Diseases a, lui, publié une première description des données radiographiques pulmonaires observées chez 81 patients chinois.

Conseils, procédures et recommandations aux professionnels de santé

Le HCSP (Haut Conseil de la santé publique) a émis un avis relatif à la conduite à tenir pour les personnels hospitaliers de retour des zones d’exposition à risque , telles que définies par Santé publique France.

Il a également émis un avis concernant l’entretien du linge, le nettoyage des locaux d’un patient confirmé et protection des personnels ainsi que concernant la prise en charge du corps d’un patient décédé .

Le guide méthodologique de “Préparation au risque épidémique Covid-19”, destiné aux professionnels et établissement de santé et établi conjointement par les différentes sociétés savantes concernées et émis le 20 février 2020, reste toujours en vigueur.

Récentes évolutions des recommandations et référentiels

Définition des zones à risque (Santé Publique France)

Définition des cas possibles (Santé Publique France)

Définition de la conduite à tenir (Santé Publique France)