Coronaropathie : une vie saine peut-elle compenser le risque génétique ?

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La génétique et les habitudes de vie contribuent tous deux au risque individuel de développer une coronaropathie. En 2007, des analyses d’associations génomiques ont identifié plus de 50 loci indépendants associés au risque de coronaropathie. Par ailleurs, les preuves montrant que l’adoption d’un mode de vie sain (absence de tabac, lutte contre l’obésité, activité physique régulière, alimentation équilibrée) réduit considérablement le taux d’évènements cardiovasculaires s’accumulent. Une question reste cependant en suspens : le risque génétique pourrait-il être atténué par un mode de vie sain ? Des chercheurs ont tenté de répondre à cette question.

Méthodologie

  • Les chercheurs se sont basés sur quatre études : l’étude prospective Atherosclerosis Risk in Communities (ARIC) initiée en 1987 et ayant enrôlé des sujets d’origine caucasienne et d’origine africaine âgés entre 45 et 64 ans, l’étude prospective de prévention primaire de maladie cardiovasculaire Women’s Genone Health Study (WGHS) initiée en 1992 et ayant inclus des femmes professionnelles de santé, l’étude prospective Malmö Diet and Cancer Study (MDCS) initiée en 1991 et ayant inclus des participants de 44 à 73 ans sans maladie coronarienne à l’inclusion, et l’étude transversale Biolmages Study initiée en 2008, menée auprès de sujets asymptomatiques de 55 à 80 ans à risque de maladie cardiovasculaire.
  • En utilisant un score polygénique de polymorphisme d’une séquence d’ADN, les chercheurs ont qualifié le risque génétique des trois cohortes ARIC, WGHS, MDCS comme étant faible, moyen ou élevé. Les données concernant le génotype et les variants étaient disponibles pour les participants de l’étude Biolmages Study.
  • L’adhésion à un mode de vie sain a également été déterminé en utilisant un système de notation évaluant quatre facteurs de vie saine : pas de tabagisme, pas d’obésité (IMC < 30kg/m2), activité physique régulière (au moins une fois par semaine) et alimentation saine.
  • Critère composite principal d’évaluation : survenue d’un événement coronarien incluant l’infarctus du myocarde, la revascularisation coronarienne et le décès lié à une cause coronarienne.

Résultats

  • La population incluse était de 7.814 sujets à partir de la cohorte ARIC, 21.222 à partir de la cohorte WGHS, 22.389 à partir de la cohorte MDCS. Et les données de 4.260 sujets étaient disponibles pour l’étude transversale BioImages.
  • À travers les trois cohortes prospectives, les analyses ont montré que le risque de survenue d'un évènement coronarien était plus élevé de 91% chez les sujets présentant le plus haut risque génétique de coronaropathie (quintile supérieur de scores polygéniques), par rapport aux sujets ayant le risque génétique le plus faible (quintile inférieur des scores polygéniques) : hasard ratio de 1,91 [IC95% : 1,75-2,09].
  • Chaque facteur contribuant à un mode de vie sain a été associé à ...