Coqueluche : où en est-on en France ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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A retenir :

  • La coqueluche est une infection respiratoire bactérienne très contagieuse qui peut être grave chez les personnes fragiles (femmes enceintes, personnes âgées et nourrissons de moins de six mois)
  • En 2016, 128 cas de coqueluche ont été confirmés chez les moins de 17 ans dont 32 % chez des nourrissons âgés de moins de 3 mois
  • La vaccination contre la coqueluche est désormais obligatoire pour tous les nourrissons nés à partir du 1er janvier 2018. Plusieurs rappels sont ensuite nécessaires au cours de la vie
  • Dans la moitié des cas les bébés sont contaminés par l’un de leur parent, d’où la mise en place d’une stratégie de cocooning

 

La coqueluche est une infection respiratoire due à la bactérie Bordetella pertussis. Elle se transmet par voie aérienne et est très contagieuse : on estime qu'une personne malade peut contaminer en moyenne 15 à 17 personnes.

La coqueluche est responsable de quintes de toux qui, en l’absence de traitement, peuvent se prolonger pendant plusieurs semaines et devenir graves chez certaines personnes fragiles comme les femmes enceintes, les personnes âgées et les nourrissons de moins de six mois.

Le traitement de la coqueluche repose sur la prise d’antibiotiques parfois en hospitalisation, notamment pour les enfants de moins de 3 mois.

L’immunité contre la coqueluche n’est pas définitive : elle s’affaiblit peu à peu au fil du temps. Il est donc possible de contracter la maladie plusieurs fois dans sa vie et la vaccination contre la coqueluche nécessite plusieurs rappels.

Les populations les plus touchées sont les nourrissons non encore vaccinés et les adolescents et adultes qui ont perdu la protection contre cette maladie conférée par le vaccin. Les bébés sont le plus souvent contaminés par un adulte qui est l’un des parents dans la moitié des cas.

Si le nombre de cas de coqueluche a très fortement baissé depuis l'introduction du vaccin, la bactérie Bordetella pertussis continue de circuler au sein de la population et la disparition complète de la maladie n’est pas envisageable actuellement.

D'après les résultats du réseau hospitalier pédiatrique d'analyse de la coqueluche Renacoq, le nombre de cas chez les moins de 17 ans a augmenté de 118 en 2007 à 472 en 2012, puis a amorcé une baisse. En 2016, 128 cas de coqueluche ont été confirmés chez les moins de 17 ans dont 32 % chez des nourrissons âgés de moins de 3 mois. Près de 90 % des enfants dont le carnet de santé a été analysé n'avaient pas été vaccinés ou n'avaient pas fait le rappel du vaccin contre la coqueluche.

Après contamination la période d'incubation est d’environ dix jours (de 7 jours à 3 semaines). Il apparaît ensuite une rhinite qui dure 1 à 2 semaines, associée éventuellement à une fièvre très faible. Puis apparaît une toux, d’abord modérée mais qui évolue rapidement vers des quintes accompagnées de signes caractéristiques :

  • Les accès de toux sont soudains, violents et répétés. Ils provoquent des spasmes (secousses) et la respiration devient difficile,
  • Le visage est bouffi, rouge ou bleuté,
  • La toux peut causer un éclatement des petits vaisseaux situés autour des yeux (pétéchies),
  • Des vomissements surviennent souvent, surtout après les quintes.

En fin de quinte de toux, le malade reprend sa respiration par une grande et longue inspiration, accompagnée de l’émission d’un son aigu (appelé "chant du coq"). Il émet avec difficulté un crachat clair et épais.

La toux de la coqueluche ne s’accompagne pas de fièvre ni d’autres signes respiratoires. Entre chaque quinte de toux, le malade n’a aucun symptôme.

Chez l'adulte, la coqueluche est souvent atypique : la toux ne présente pas toujours les signes caractéristiques de la maladie (absence de quintes, de reprise inspiratoire...) En présence d'une toux qui persiste et s’aggrave au-delà d’une semaine, la possibilité d'une coqueluche doit être évoquée.

La vaccination contre la coqueluche est désormais obligatoire pour tous les nourrissons nés à partir du 1er janvier 2018, à partir de l’âge de 2 mois. Plusieurs rappels sont ensuite recommandés jusqu’à l’âge de 39 ans

La vaccination est également recommandée pour les adolescents et les adultes de l’entourage d’un nourrisson de moins de 6 mois, pour le protéger de la coqueluche (stratégie du cocooning). Cela concerne notamment :

  • Les adultes ayant le projet d’avoir un enfant,
  • Les membres de l’entourage familial (frères et sœurs, conjoint, grands-parents…) d’une femme enceinte, ou au plus tard à la naissance du bébé,
  • La mère venant d’accoucher si elle n’a pas été vaccinée avant la grossesse, même si elle allaite son enfant.

La vaccination contre la coqueluche est également recommandée pour :

  • Les professionnels soignants dans leur ensemble,
  • Les étudiants des filières médicales et paramédicales,
  • Les professionnels de la petite enfance dont les assistants maternels,
  • Les personnes effectuant régulièrement du baby-sitting.