Coqueluche : interférence entre l’immunisation vaccinale et les anticorps maternels

  • Perrett KP & al.
  • Vaccine
  • 20 nov. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une étude de phase 4 a évalué l'immunogénicité et l'innocuité du vaccin combiné hexavalent DTCaP-Hib-IPV/HepB (diphtérie, tétanos, coqueluche acellulaire, poliomyélite, H influenza b , hépatite B) administré selon un protocole de primo-vaccination conventionnel à des nourrissons nés de femmes ayant ou non été vaccinées durant la grossesse. L’objectif était de savoir si le passage transplacentaire d'anticorps maternels interférait avec la réponse immunitaire à la primo-vaccination.

Elle montre qu’avant la primo-vaccination, les enfants nés de mères vaccinées présentaient des taux d’anticorps anti-coqueluche plus élevés que ceux dont les mères ne l’avaient pas été. En revanche, une interférence immunologique était observée après le protocole de vaccination (2 ou 3 injections selon les pays) avec une concentration moyenne géométrique en anticorps et un taux de réponse vaccinal inférieur dans ce premier groupe.

Ce travail suggère que le concept de vaccination de la femme enceinte contre la coqueluche qui est utilisé dans certains pays afin de protéger l’enfant durant les 2 premiers mois de vie contre ses complications potentiellement graves, pourrait être contre-productif. Cependant, il ne permet pas de conclure sur l’incidence clinique de cette interférence : elle invite à la prudence et à la poursuite des études.

Réponse vaccinale anti-coqueluche insuffisante, taux d’Ac anti-diphtérie réduit

L’étude a été menée auprès de nourrissons nés de mères ayant participé à une précédente étude clinique, dans laquelle elles avaient reçu une immunisation de rappel DTCaP ou un placebo durant le dernier trimestre de grossesse. Toutes avaient reçu une dose de DTCaP immédiatement après l’accouchement. Les enfants ont été vaccinés par le vaccin hexavalent selon le protocole recommandé dans le pays concerné (2 ou 3 injections à partir de 2 ou 3 mois d’âge).

Le nombre d’enfants présentant un taux d’Ac séroprotecteur contre la diphtérie, le tétanos, l’hépatite B, les poliovirus 1 à 3 et Hib était élevé et équivalent un mois après la primo-vaccination pour les enfants issus des deux groupes : ces taux étaient compris entre 100% et ≥ 94,5% selon les valences et le bras de l’étude.

En revanche, le taux de réponse vaccinale aux trois antigènes de la coqueluche était plus faible dans le groupe dont les mères avaient été vaccinées au cours de la grossesse : ils étaient de 39,6%, 37,5% et 77,1% pour les Ac anti-FHA (hémagglutinine filamenteuse purifiée), anti-PRN (pertactine purifiée) et anti-PT (anatoxine coquelucheuse purifiée) chez les enfants nés de mères vaccinées contre respectivement 94,8%, 90,0% et 99,2% dans le groupe contrôle. Les taux correspondants des différents anticorps anti-coquelucheux étaient aussi significativement plus bas dans le premier que dans le second groupe d’enfants. Les taux moyen relevés concernant les autres valences étaient équivalents hormis pour la diphtérie (concentration géométrique moyenne des Ac inférieure dans le groupe vacciné versus non vacciné).

Financement

Cette étude a été financée par GSK.