Coordination généralistes – professionnels de la santé mentale : un guide de la HAS


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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La coordination entre médecins généralistes et professionnels spécialisés en psychiatrie et santé mentale est une nécessité pour une prise en charge optimale des patients concernés, afin d’éviter les ruptures dans les parcours de soins et de prendre en compte aussi bien la santé physique que mentale des patients. Pourtant, elle est « actuellement moins formalisée que dans d’autres champs », regrette la HAS, qui publie un guide sur le sujet. Les échanges de courrier ne sont pas systématiques, les généralistes ne formulent pas toujours leurs demandes de manière « explicite », les psychiatres et psychologues sont réputés peu accessibles et les généralistes tout autant. Pour la HAS, sont en cause « une réticence à l’échange et au partage d’informations du côté des patients et des professionnels », la difficulté à construire une relation de confiance entre acteurs de la prise en charge et le contexte « contraint » de la démographie médicale.

Pour améliorer cette situation, la HAS a commencé par établir un état des lieux des expériences conduites en France comme à l’étranger pour améliorer cette coordination. Elle les regroupe en cinq catégories :

-     amélioration de la communication : annuaire de ressources, lignes téléphoniques dédiées, messageries sécurisées, formalisation des conditions d’adressage et des rôles de chaque professionnel, etc ;

-     lieux d’exercice partagés entre généralistes et professionnels de la santé mentale, mais aussi d’autres acteurs, comme les infirmiers libéraux ;

-     dispositifs de soins partagés ; trois ont été identifiés en France : consultation d’évaluation par les spécialistes sur proposition du généraliste, diagnostic et conseils sur la stratégie thérapeutique à mettre en place, mise en oeuvre de celle-ci par le généraliste en concertation avec le patient ;

-     coordination de parcours de santé avec une fonction dédiée pour la coordination ( care/case management ) ;

-     dispositifs intégrés : approche pluriprofessionnelle (un généraliste, un spécialiste, un coordonnateur), guides et protocoles de soins, établissement d’un calendrier de rendez-vous, outils de renforcement de la communication interprofessionnelle (dossiers médicaux partagés, réunions cliniques pluriprofessionnelles, etc).

La HAS ajoute différentes recommandations sur la gouvernance, notamment nationale. Ainsi elle préconise une réflexion sur les modalités de financement et de tarification ainsi qu’une facilitation de l’accès aux psychothérapeutes non médecins. Au niveau local, elle engage à utiliser les projets territoriaux de santé mentale, les plateformes territoriales d’appui et les différentes instances locales de concertation (conseils locaux de santé mentale, ateliers santé ville, etc). Du côté des professionnels, elle prône « conviction, implication et culture partagée. »