Contaminants alimentaires (partie 1) : d’où viennent les risques ?


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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La sécurité sanitaire est un élément clé de l’alimentation. Un article des Cahiers de nutrition et de diététiquefait le point sur ce que l’on nomme contaminants alimentaires.

Qu’entend-on par contaminants alimentaires ?

Ces substances dangereuses ne représentent pas une famille homogène. Ils peuvent être « d’origine chimique, biologique ou physique, être naturellement présents dans l’aliment, ou constituer un résidu de substance ajoutée intentionnellement ou présente par contamination ». Aujourd’hui de nouveaux contaminants sont évoqués du fait de la mondialisation de l’alimentation, de la diversité de l’offre, des meilleures connaissances des interactions entre les aliments et les emballages, de l’effet matrice ou encore de l’effet cocktail. 

La contamination environnementale

Environ 300 substances actives phytopharmaceutiques sont autorisées en France. Compte tenu de la rémanence de certains de ces produits, il est encore possible aujourd’hui de retrouver des résidus de pesticides interdits il y a plus de vingt ans. C’est le cas par exemple des organochlorés, qui sont donc définis comme polluants organiques persistants. Sur l’ensemble des échantillons d’aliments prélevés en UE en 2016, 96% se situaient dans les limites autorisées et la moitié serait exempte de tout résidu quantifiable. Un chiffre qui atteindrait 89,8% pour les aliments pour enfants en bas âge. En revanche, 18% des points de contrôle des eaux de surface ne respecteraient pas la limite maximale en pesticides.

La contamination environnementale inquiète notamment depuis le scandale des poulets à la dioxine en 1999, qui a fait prendre conscience de la contamination de l’air et du sol et de l’accumulation de substances toxiques dans les tissus lipidiques tout au long de la chaîne alimentaire. Des polluants inorganiques, tels que les métaux lourds comme le cadmium, le plomb, le mercure ou l’arsenic, s’accumulent plus particulièrement dans certains types de poissons. Ils sont donc sous surveillance et des précautions ont été émises par l’ANSES préconisant d’éviter la consommation des poissons les plus contaminés par la femme enceinte ou allaitante et par les enfants.

Les produits naturels ne sont pas dénués de toxines

En effet qui dit naturel ne dit pas forcément sans danger. En atteste les risques liés à certains champignons, plantes ou baies sauvages. Plusieurs cas d’intoxication par dérivés cyanhydriques suite à l’ingestion d’amandes amères de noyaux d’abricots annoncées comme « anti-cancer » ont d’ailleurs incité l’ANSES à émettre une alerte en juin 2018. Mais d’autres produits de consommation plus courants, le soja et les produits à base de soja par exemple, ont également fait l’objet d’alerte. Car, selon l’ANSES ces produits, sources de génistéine, ne devraient pas faire partie de l’alimentation des enfants de moins de 3 ans et devraient être limités à un par jour chez les femmes enceintes et allaitantes du fait d’un risque sur la fertilité et sur le développement des organes sexuels. 

 

Une seconde partie abordera les toxi-infections alimentaires ainsi que les contaminants liés à la transformation des aliments et aux emballages.