Constipation fonctionnelle : une étude clinique sur l’apport d’une eau riche en minéraux

  • Dupont C & al.
  • Nutrition
  • 27 févr. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

En 2013, une équipe francilienne avait mené une étude randomisée en double aveugle contre placebo mettant en évidence l’efficacité et la sécurité d’une eau minérale naturellement riche en magnésium et en sulfates dans la constipation fonctionnelle. Dans cet essai, le délai d’action de l’eau était compris entre 1 et 2 semaines et la consistance des selles était évaluée par les seuls patients. Dans une nouvelle étude, la même équipe propose de déterminer plus précisément le délai nécessaire à l’amélioration de la constipation fonctionnelle grâce à la tenue d’un e-journal quotidien et l’évaluation des selles par des praticiens, sur photographies. Elle confirme ainsi que l’eau riche en magnésium et en sulfates est efficace dès le 6 e jour (6,4 vs 7,3 jours dans le groupe contrôle, p=0,013), avec une réponse à J14 concernant 50% des patients contre 29% de ceux sous eau contrôle.

Méthodologie

Cette étude multicentrique a été menée auprès de femmes de 18-60 ans présentant une constipation fonctionnelle légère ou modérée (critère Rome III), sans douleur abdominale prédominante, et ayant adopté parallèlement des règles hygiéno-diététiques en accord avec les recommandations (alimentation, exercice, hydratation). Elles ne devaient pas avoir utilisé de laxatif dans les 3 jours précédant le dépistage. Après inclusion et randomisation, une période de sevrage (eau standard et arrêt des traitements laxatifs) était respectée durant 7 à 9 jours. Puis, les patients devaient consommer quotidiennement durant 14 jours 1,5 litres d’une eau riche en magnésium et sulfates (Hépar : minéralisation totale 2.513 mg/L dont 119 mg/L de magnésium et 1.530 mg/L de sulfates) ou d’une eau standard peu minéralisée (Vittel Bonne Source : minéralisation totale 400 mg/L dont 20 mg/L de magnésium et 120 mg/L de sulfates).

Principaux résultats

  • Au total, chaque groupe était constitué de 111 patients (âge moyen 41,4 ans, taille et poids moyens : 163,9 cm et 65,5 kg. Le score moyen Rome III était de 18,5 et 18,2 dans les groupes contrôle et Hépar respectivement, avec une constipation légère chez 80,8% des patients et modérée chez 19,2% d’entre eux. L’observance au traitement était très bonne dans les 2 groupes (93%).

  • En termes d’efficacité à 14 jours (≥4 selles par semaine ou augmentation d’au moins 2 selles par semaine versus inclusion, et

  • Parmi les 2.818 selles émises, 73,8% ont fait l’objet de photographies transmises aux praticiens. Ces derniers établissaient un score plus sévère que celui attribué par les patients dans 46,4% des cas, l’inverse étant vrai dans 20,4% des cas, soit environ un tiers (33,4%) d’évaluations identiques.

  • Enfin, les patients déclaraient une intensité moindre de la douleur abdominale dans le groupe Hépar par rapport au groupe témoin (score sur EVA de –11,3 contre –2,2 dans les bras Hépar et contrôle respectivement, p = 0,002).

Principales limitations

Certains patients ont pu reconnaître le goût spécifique de l’eau Hépar.

Financement

L’étude a été financée par Nestlé Waters France.