Consommation de tabac en 2020 : la pandémie a-t-elle eu un impact ?

  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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La prévalence du tabagisme a diminué en France ces dernières années, passant de 28,5% de fumeurs quotidiens en 2014 à 24,0% en 2019, ce qui reste cependant élevé.

L’année 2020 aura été marquée par la pandémie de COVID-19 qui a un impact sur la santé mentale et les comportements de santé. Une enquête appelée CoviPrev, menée par internet et ayant pour objectif de suivre l’évolution des comportements et de la santé mentale pendant l’épidémie de COVID-19, a été mise en place deux semaines après le début du 1er confinement. Elle a permis de montrer que, fin mars 2020, 55% des fumeurs n’avaient pas modifié leur consommation de tabac, 19% l’avaient diminuée et 27% l’avaient augmentée.

Le baromètre de Santé publique France, quant à lui, a permis d’estimer la prévalence du tabagisme en 2020 et de mesurer son évolution par rapport à 2019. C’est une enquête téléphonique sur échantillon aléatoire qui a démarré le 8 janvier 2020 avant d’être stoppée le 16 mars avec la mise en place des mesures de confinement. Elle a ensuite repris le 4 juin et s’est achevée le 28 juillet. Il en ressort que, en 2020, parmi les personnes âgées de 18 à 75 ans :

  • 31,8% ont déclaré fumer du tabac : 36,2% des hommes et 27,7% des femmes (p<0,001),
  • 25,5% ont déclaré fumer quotidiennement : 29,1% des hommes et 22,0% des femmes (p<0,001).
  • 6,4% ont déclaré fumer occasionnellement : 7,1% des hommes et 5,7% des femmes (p<0,01).

Ainsi, pour l’ensemble de la période couverte en 2020, la prévalence du tabagisme et du tabagisme quotidien ne varie pas significativement par rapport à 2019. Cependant, parmi le tiers de la population dont les revenus étaient les moins élevés, la prévalence du tabagisme quotidien a augmenté de 29,8% à 33,3% entre 2019 et 2020. Cette augmentation est essentiellement due à une hausse entre 2019 et début 2020, avant le premier confinement, une stabilisation étant notée en post-confinement. Le constat est donc le même que les années précédentes : plus le revenu est élevé, plus la prévalence du tabagisme quotidien est faible. La prévalence du tabagisme quotidien est de 33,3% parmi les personnes dont le revenu correspond au tercile le plus bas versus 18,0% pour le tercile le plus élevé.

En 2020, les fumeurs quotidiens de 18-75 ans ont déclaré fumer en moyenne 13,0 cigarettes (ou équivalent) par jour (écart-type=9,4). La variation par rapport à 2019  n’est pas significative (12,5 en 2019). Les femmes ont déclaré fumer en moyenne moins que les hommes avec 11,7 versus 14,1 cigarettes en moyenne par jour (p<0,001).

Cette étude suggère donc que le début de l’épidémie de COVID-19 et les mesures de restriction mises en place (dont le confinement généralisé de la population) ne semblent pas avoir eu d’impact défavorable sur la prévalence tabagique au premier semestre 2020. Cependant, après une baisse du tabagisme en France ces dernières années, une stabilité a été observée entre 2019 et 2020. Le défi sera de réinstaller une tendance à la baisse, dans un contexte de crise sanitaire, économique et sociale inédite, et de renforcer encore la lutte contre les inégalités sociales face au tabagisme.