Consommation d’antibiotiques : la Cour des comptes tire la sonnette d’alarme

  • Cour des comptes
  • 14 févr. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

  • La Cour des comptes dénonce un mésusage massif des antibiotiques en ville.
  • Elle suggère des pistes visant à améliorer les prescriptions (recours aux logiciels d’aide à la prescription, vérification croisée des prescriptions dans les EHPAD, etc.)
  • Elle appelle également à une dispensation à l’unité.

 

 

Dans un contexte d’inquiétude face à la menace montante de l’antibiorésistance, la Cour des comptes a examiné les niveaux de consommation d’antibiotiques en France et dresse un constat d’échec des deux derniers plans d’actions pluriannuels. Dans un référé adressé à la Ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, le 6 novembre dernier et mis à disposition sur Internet à la mi-février, elle alerte sur le niveau excessif de consommation d’antibiotiques en France reparti à la hausse depuis 2005, et pointe du doigt les pratiques de prescription et de dispensation en ville.

Des modalités de prescription à revoir

La Cour des compte relève notamment la sous-utilisation des tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) qui permettent de distinguer les infection d’origine bactérienne et virale, mais qui ne sont utilisés que par 40% des médecins généralistes (MG). En EHPAD, un tiers des prescriptions pour infection urinaire apparaît injustifié, avec un taux d'indication prophylactique trop élevé (13%) selon l’enquête PREV’EHPAD publiée par Santé Publique France en 2016. Et lorsque la prescription d’antibiotiques est justifiée, le choix de la molécule n’est pas toujours pertinent et la durée de prescription encore trop souvent inadaptée, trop longue ou trop courte, et ce malgré les recommandations de l’ANSM et de la HAS.

Des propositions pour réduire le mésusage en ville

Parmi les pistes suggérées pour améliorer cette situation, apparaissent celles-ci :

  • mieux encadrer la prescription en encourageant l’usage d’antibiogrammes ciblés et le recours aux logiciels d’aide à la prescription,
  • instituer une vérification croisée de la prescription des antibiotiques des MG par les médecins coordonnateurs d’EHPAD
  • accorder une place plus importante à l’antibiorésistance et l’antibioprophylaxie dans la formation initiale et continue.
  • Et pour inciter à la mise en œuvre de ces pratiques vertueuses, la cour propose de les inscrire dans le cadre de la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP). 

Vers une dispensation à l’unité

Le mode de dispensation par boîte amplifie encore le mésusage des antibiotiques en ville. Selon la Direction générale de la santé (DGS) se basant sur une expérimentation menée auprès de 75 pharmacies entre 2014 et 2015, la dispensation des antibiotiques à l’unité permettrait de réduire leur consommation totale de 10% tout en limitant l’automédication.