Conséquences néonatales de l’administration d’un antidépresseur chez les femmes enceintes

  • Uguz F & al.
  • Compr Psychiatry
  • 9 oct. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Par rapport à un groupe contrôle, les femmes enceintes non traitées pour troubles paniques sont plus de risque de mettre au monde un enfant prématuré, un enfant de faible poids ou nécessitant des soins en unités de néonatalogie. En revanche, les conséquences délétères pour l’enfant semblent s’atténuer lorsque les mères sont traitées par antidépresseurs pour leurs troubles paniques. Les résultats de cette étude ne montrent aucune différence significative entre les enfants de femmes traitées par antidépresseurs et les sujets contrôles (enfants de femmes ne présentant pas de troubles paniques et non traitées par antidépresseur). Ceci laisse supposer que les antidépresseurs n’augmenteraient pas le risque de prématurité, de faible poids de naissance ou d’hospitalisation en service de soins de néonatalogie. Malgré quelques limitations, cette étude apporte des enseignements intéressants qui nécessiteront cependant d’être confirmés par d’autres études de plus large envergure. 

Pourquoi cette  é tude a-t-elle  é t é  men é e ?

Il s’agit de la première étude comparant l’effet d’un traitement pharmacologique sur les paramètres néonataux chez des femmes traitées ou non par antidépresseurs pour troubles paniques. Cette étude avait pour objectif de comparer certaines caractéristiques néonatales (âge gestationnel à la naissance, poids de naissance, hospitalisation du nouveau-né) chez des femmes enceintes traitées ou non par antidépresseurs pour troubles paniques. Ce qui présente un intérêt car il existe peu de données comparant les conséquences de l’utilisation des antidépresseurs chez la femme enceinte. 

M é thodologie

Cette étude est basée sur un échantillon de 146 femmes enceintes (44 traitées par antidépresseur pour troubles paniques, 52 non traitées et 50 femmes témoins sans troubles paniques). 

Principaux r é sultats

Les femmes étaient âgées en moyenne de 29,61 ans. Au total, 27,4% étaient primipares et 28,8% avaient un antécédent d’avortement. Le nombre moyen d’enfant par femme était de 1,44. 

Les taux de prématurité, de faible poids de naissance et d’hospitalisation en unité de soins intensifs néonatals étaient plus élevés pour les enfants des femmes non traitées par antidépresseurs pour leur troubles paniques (respectivement 28,8%, 34,6% et 25,0%) par rapport aux femmes traitées (respectivement 9,1%, 4,5% et 9,1%) ou aux témoins (respectivement 2,0%, 2,0% et 4,0%).

L’usage d’un antidépresseur diminuait significativement le risque de prématurité et de faible poids de naissance par rapport à l’absence de traitement. Et l’absence de traitement antidépresseur chez une femme présentant des attaques de panique augmentait significativement les risques de prématurité, de faible poids et d’hospitalisation en unité de soins intensifs néonatals par rapport aux femmes témoins.

En revanche, ces trois paramètres n’étaient pas modifiés de manière significative (p=0,060) par l’administration d’un antidépresseur chez les femmes enceintes présentant des troubles paniques par rapport aux femmes témoins, donc sans troubles paniques et non traitées.

Principales limitations

L’étude ne présentait pas de randomisation, l’effectif était faible et la durée de suivi courte.