Connaître les facteurs favorisant les maladies inflammatoires chroniques des intestins (MICI) pour les limiter

  • Wark G & al.
  • Nutrients

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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Les maladies inflammatoires chroniques des intestins (MICI), telles que la maladie de Crohn (MC) et la rectocolite hémorragique (RCH), pourraient être la conséquence de dérèglements de la réponse immunitaire et d’altérations de la barrière intestinale du fait d’interactions entre une susceptibilité génétique individuelle, des facteurs environnementaux et une dysbiose intestinale. Outre l’inflammation intestinale, 25% des patients atteints de MICI souffrent également de manifestations extra-intestinales telles que l’arthrite, les éruptions cutanées, les maladies oculaires, l’anémie, les maladies osseuses. Plusieurs facteurs favorisant le développement des MICI sont actuellement évoqués :

Les facteurs génétiques

Si plus de 240 loci favorisant le risque génétique de MICI ont été identifiés grâce à des études de grande envergure, il faut noter que seule une faible proportion d’individus porteurs de ces loci développent une MICI. Ainsi, si la génétique est un facteur de prédisposition, d’autres facteurs environnementaux pourraient être plus contributifs.

Microbiote intestinal

Une dysbiose intestinale est observée chez les sujets souffrant de MICI conduisant à une perte de la diversité microbienne, avec en particulier l’augmentation des espèces favorisant la production d’acides gras à courte chaîne (AGCC), telles que Faecalibacterium prausnitziiBacteroïdesI, et l’augmentation d’espèces invasives et pathogènes telles que Escherichia coli. Des études ont montré que le microbiome et ses produits étaient perturbés en cas de MICI. 

Anomalies immunitaires

Les réponses immunitaires innées et adaptatives sont également perturbées chez les sujets souffrant de MICI. Aujourd’hui, les experts estiment que c’est la combinaison de la dysbiose, de l’altération de la fonction de muqueuse et de barrière intestinale qui contribue à l’inflammation de la muqueuse telle qu’elle apparaît chez les individus souffrant de MICI.

Le style de vie occidental

Plusieurs faits soutiennent ce facteur. La prévalence des MICI est plus importante dans les pays développés, et l’incidence augmente dans les pays qui adoptent un mode de vie occidental tels que le Brésil, Taïwan, ainsi que chez les migrants de première génération venant de pays en voie de développement. Ces faits suggèrent que le style de vie occidental incluant tabagisme, consommation d’antibiotiques, en particulier durant l’enfance, déficit en vitamine D et utilisation de contraceptifs oraux pourrait contribuer au développement de ces maladies. 

L’alimentation jouerait un rôle important dans le développement des MICI à travers plusieurs voies, comme l’ont mis en évidence de multiples études :

  • Il est dorénavant admis que l’alimentation modifie la structure du microbiome, qui en cas de dysbiose peut impacter à son tour le système de défense microbien intestinal et favoriser l’inflammation.
  • L’allaitement maternel serait l’un des facteurs qui influencerait le plus la structure du microbiote de l’enfant qui se stabiliserait vers l’âge de 3 et 4 ans. L’allaitement maternel diminuerait les infections chez les enfants et le besoin d’antibiotiques. Le lait maternel contient des IgA qui renforceraient la fonction de barrière de l’intestin de l’enfant. Des études ont mis en évidence une réduction du risque de MC et de RCH chez les enfants allaités durant au moins 12 mois.
  • La consommation de fibres favorise la production d’acides gras à chaîne courte par certaines bactéries coliques qui contribuent au maintien de l’intégrité de la barrière intestinale, à l’inhibition de cellules pro-inflammatoires. Des études ont montré que la consommation de fibres –  en particulier issues de fruits –  diminuait le risque de MC. Les données sont moins franches pour la RCH. 
  • Sur modèle animal, il a été observé que la consommation de sucre augmentait la perméabilité intestinale, diminuait la diversité microbienne et le taux d’AGCC fécal. Les résultats des études menées chez l’être humain sont en revanche plus contradictoires.
  • Une association a été mise en évidence entre la consommation d’acides gras oméga-6 et l’augmentation du risque de MC et de RCH. En revanche, une consommation importante d’acides gras oméga-3 et un ratio Oméga-3/Oméga-6 élevé diminuerait le risque de MC.
  • La consommation importante de viande rouge et de viande transformée a été associée à une augmentation du risque de MICI. 
  • Les émulsifiants et les nanoparticules retrouvés dans l'alimentation augmenteraient le risque de MC et de RCH en réduisant la diversité microbienne, et en favorisant la perméabilité intestinale et le développement de bactéries délétères pour la santé.