Connaissez-vous le concept d’actif-sédentaire ?

  • Ekelund U & al.
  • BMJ
  • 21 août 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

On peut être à la fois actif et sédentaire, c’est-à-dire pratiquer une activité physique mais rester longtemps en position assise, pour raison professionnelle par exemple. Une méta-analyse publiée dans le British Journal of Medicine met en évidence que :

  • La mortalité diminue avec la pratique d’une activité physique (mesurée par accéléromètre), indépendamment du temps et l’intensité de celle-ci.
  • Par rapport à une activité physique d’intensité faible, la mortalité diminue d’autant plus si l’activité physique est d’intensité modérée à intense.
  • La relation entre activité physique totale et mortalité n’est pas linéaire.
  • La réduction maximale de la mortalité a été constatée pour l’équivalent de 375 mg/j d’activité physique d’intensité faible ou 24 min/j d’activité d’intensité modérée à intense. Le risque ne diminuait pas plus au-delà de cette intensité.
  • La mortalité augmente avec l’augmentation du temps de sédentarité, et ceci est d’autant plus important à partir de 9,5 heures de sédentarité par jour.

Pratiquer une activité physique quelle que soit l’intensité et être le moins sédentaire possible constitue la bonne association pour réduire le risque de mortalité prématurée.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Cette méta-analyse n’a retenu que des études ayant mesuré l’activité physique par accéléromètre et non par auto-questionnaire. Ces résultats permettent de donner de la robustesse à un message simple à délivrer aux patients : « moins souvent assis, plus en mouvement et plus souvent » !

Méthodologie

Huit études pertinentes ont été incluses cette méta-analyse. Ces études évaluaient l’association entre le niveau d’activité physique individuelle mesurée à partir d’un accéléromètre et la mortalité toutes causes. L’activité physique tenait compte du nombre de coups par minute (cpm, unité de l’accéléromètre) et du temps de pratique/jour : la sédentarité (≤100 cpm), une intensité faible (101-1.951 cpm), modérée à intense (≥1.952 cpm) et intense (≥5.725 cpm). Les participants ont ensuite été classés en quartiles.

Principaux résultats

Sur les 36.383 sujets (âge moyen 62,6 ans, 72,8% de femmes), 2.149 (5,9%) sont décédés au cours du suivi médian de 5,8 ans. Les résultats mettent en évidence que l’activité physique, quelle que soit son intensité est associée à un risque plus faible de mortalité, sans que la relation soit linéaire. 

Par rapport à ceux qui pratiquaient le moins d’activité physique, la mortalité était diminuée de 52% chez les sujets du second quartile, de 66% dans le troisième quartile, et de 73% dans le quartile le plus élevé.

Même les individus qui avaient une pratique importante mais de faible intensité avaient une réduction du risque de mortalité. Mais les bénéfices étaient plus importants lorsque l’activité était modérée à intense.

Le taux de mortalité augmentait avec le temps de sédentarité après ajustement sur l’âge, le sexe, l’IMC, le statut socio-économique, le temps d’activité modérée à intense : +28% pour les personnes du 1erquartile, +71% pour ceux du 2nd, +163% pour le 3èmeversus le premier quartile. La réduction maximale de la mortalité (-66%) a été constatée pour une activité totale de 300 cpm.

La mortalité augmentait avec le temps de sédentarité de manière dose-dépendante entre 7,5 h et 9h et était encore plus prononcée au-delà de 9,5 h. Ainsi 10 heures de sédentarité par jour étaient associées à un risque de mortalité augmenté de 48% et 12 heures à +192%.