Congrès du Sommeil SFRMS 2019 – Consensus Insomnie (1/3) : diagnostic, diagnostic différentiel, comorbidités


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Le travail de la SFRMS sur le consensus Insomnie, mené depuis un an, a été présenté au cours d’une session spécifique vendredi 22 novembre. Les documents de travail ont été discutés et seront consultables pour avis et finalisation sur le site de l’association scientifique. La publication du consensus aura lieu courant 2020, et fera ainsi suite à celle des consensus américain et européen.

Diagnostic

La prévalence de l’insomnie est de 12–19% dans la population générale, elle est plus fréquente chez les femmes, et aggravée par l’âge. L’insomnie est définie (DSM-5, ICSD-3) par une plainte subjective d’un sommeil difficile à obtenir, insuffisant, perturbé ou non récupérateur, accompagné de symptômes diurnes (modifications de la vigilance, troubles du comportement ou de l’humeur...), au moins trois fois par semaine, quel que soit l’âge. Elle est considérée comme chronique au-delà de 3 mois et est ou non accompagnée de comorbidités. Il faut rechercher les comportements de sommeil inadaptés et les diagnostics différentiels : troubles de l’horloge (avance ou retard de phase, syndrome hypernycthéméral…).

La sévérité de l’insomnie peut être caractérisée par l’index de sévérité chez l’adulte et le SDSC ( Sleep Disturbance Scale for Children ) chez l’enfant. L’échelle de Pittsburgh est plus volontiers réservée à la recherche clinique.

L’évaluation des conséquences diurnes est recommandée, par le biais de l’échelle d’Epworth, une attention doit être portée à l’insomnie associée à une somnolence diurne. La somnolence diurne excessive doit absolument faire penser à un syndrome obstructif d’Apnée du sommeil (SAOS) et/ou un syndrome dépressif.

Outils de caractérisation de l’insomnie

L’utilisation d’un agenda du sommeil sur 7 jours (papier ou électronique) donne la représentation la plus descriptive possible de la plainte exprimée par le patient.

L’actimétrie a peu d’intérêt en 1 er ligne sauf si le patient exprime des difficultés à remplir l’agenda, ou en cas de suspicion de troubles de l’horloge associés, d’une insomnie paradoxale ou en cas d’insomnie associée à un temps de sommeil court (

La polysomnographie n’est pas recommandée sauf si on recherche des comorbidités respiratoires comme le SAOS ou des troubles neuromusculaires, et dans certains cas particuliers : insomnie paradoxale, comorbidités psychiatriques, insomnies résistantes et insomnies avec un temps de sommeil court.

Les appareils connectés qui existent sur le marché sont plus ou moins qualitatifs par rapport à l’actimètre de poignet mais tous surestiment la durée de sommeil. Ils ne sont pas assez performants pour remplacer l’agenda du sommeil.

Recherche de comorbidités

Des comorbidités sont connues pour être liées à la moitié des insomnies, et doivent de fait être recherchées : SAOS, syndrome des jambes sans repos, ou encore troubles psychiatriques. Ainsi, l’insomnie constitue l’un des critères diagnostiques de la dépression ou du trouble anxieux généralisé, mais elle peut aussi être une comorbidité de ces deux dernières pathologies, ainsi que des troubles addictifs, des troubles psychotiques, du stress post-traumatique ou des troubles de l’hyperactivité… Au total, les troubles psychiatriques sont présents dans la moitié des insomnies. La prise en charge nécessite évidemment de s’articuler autour des deux plaintes.

Par ailleurs, l’insomnie, les troubles du sommeil et le jetlag social (décalage de l’heure de coucher et de lever en weed-end par rapport à la semaine) augmentent le risque de suicide, qui peut être évalué via la méthode R.U.D. (évaluation du Risque suicidaire, de l’Urgence de la menace et de la Dangerosité du scénario suicidaire).

Conférenciers : Isabelle Poirot (Lille), Pierre-Alexis Geoffroy (Paris).

 

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